Voltaire; Thurneysen, Johann Jakob [Oth.]; Haas, Wilhelm [Oth.]
Oeuvres Complètes De Voltaire (Tome Sixieme = Theatre, Tome VI): Theatre — A Basle: De l'Imprimerie de Jean-Jaques Tourneisen. Avec des caractères de G. Haas, 1784 [VD18 90793293]

Page: 354
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354 AGATHOCLE.
Y D A C E.
Ah! que m’avez-vous dit? Sa bonté généreuse
Serait un nouveau piège à cette malheureuse !
J’aurais Argide à craindre en ma fatale erreur!
Et ma reconnaissance aurait trompé mon cœur !
De ce cœur éperdu touchez-vous la blessure ?
Dans l’amas des tourmens que ma jeunesse endura
En est-il un nouveau dont je ressens les coups?
LA PRETRESSE.
L’amour est quelquefois le plus cruel de tous,
Y D A C E.
Quelle est donc ma ressource ? Eh! pourquoi suis -je née J
Exposée à l’opprobre, aux fers abandonnée,
Le malheur qui me suit entoura mon berceau;
Le ciei me rend un père au bord de son tombeau !
Loin d’Argide et de vous ma timide jeunesse
Ne sera qu’un fardeau pour sa triste vieillesse !
L’espérance me fuit! la mort, la seule mort
Est-elle au moins un terme aux rigueurs de mon sort?
Aurai-je assez de force, un assez grand courage
Pour courir à ce port au milieu de l’orage ?
Vous lisez dans mon cœur, vous voyez mon danger.
Ah! plutôt à mourir daignez m’encourager;
Affermissez mon ame incertaine, affaiblie,
Contre le sentiment qui m’attache à la vie.
LA PRETRESSE.
Que ne puis-je plutôt par d'utiles secours
Vous aider à porter le fardeau de vos jours!
Il pèse à tout mortel, et Dieu qui nous l’impose
Veut, nous l’ayant donné, que lui seul en dispose.
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