Voltaire; Thurneysen, Johann Jakob [Oth.]; Haas, Wilhelm [Oth.]
Oeuvres Complètes De Voltaire (Tome Septieme = Theatre, Tome VII): Theatre — A Basle: De l'Imprimerie de Jean-Jaques Tourneisen. Avec des caractères de G. Haas, 1784 [VD18 90793307]

Page: 7
DOI Page: Citation link: 
https://digi.ub.uni-heidelberg.de/diglit/voltaire1784bd7/0019
License: Public Domain Mark Use / Order
0.5
1 cm
facsimile
c; O M E D I E.

7

Panisiez ignorer ce qu’on fait, ce qu’on dit;
Cachez vos sentimens , et même votre esprit ;
Surtout de vos secrets soyez toujours le maître:
Oui dit celui d’autrui doit palier pour un traître ;
Oui dit le lien, mon fils , pasie ici pour un sot :
Qu’avez - vous à répondre à cela ?
D A M I s.
Pas le mot,
Je suis de votre avis : je hais le caractère
De quiconque n’a pas le pouvoir de se taire ;
Ce n’est pas là mon vice, et loin d’être entiché
Du défaut qui par vous m’est ici reproché,
Je vous avoue enfin, Madame , en confidence,
Qu’avec vous trop long - temps j’ai gardé le silence ,
Sur un fait dont pourtant j’aurais dû vous parler :
Mais souvent dans la vie il faut disiimuler.
Je suis amant aimé d’une veuve adorable ,
Jeune, charmante, riche, aussi sage qu’aimable;
C’est Hortense. A ce nom , jugez de mon bonheur,
Jugez , s’il était su , de la vive douleur
De tous nos courtisans qui sôupirent pour elle.
Nous leur cachons à tous notre ardeur mutuelle.
L’amour depuis deux jours a serré ce lien ,
Depuis deux jours entiers ; et vous n’en favez rien.
E U P H E M I E.
Mais j’étais à Paris depuis deux jours.
D A M I S.
Madame,
On n’a jamais brûlé d’une si belle ssamme.
Plus l’aveu vous en plaît, plus mon cœur est content,
Et mon bonheur s’augmente en vous le racontant.
A 4
loading ...