Voltaire; Thurneysen, Johann Jakob [Oth.]; Haas, Wilhelm [Oth.]
Oeuvres Complètes De Voltaire (Tome Septieme = Theatre, Tome VII): Theatre — A Basle: De l'Imprimerie de Jean-Jaques Tourneisen. Avec des caractères de G. Haas, 1784 [VD18 90793307]

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6o L’ENFANT PRODIGUE.
E' U P H E M O N.
Ha, ha, notre féal,
Votre pouvoir va, ce Semble, un peu mal;
Qu’est devenu ce despotique empire ?
R O N D O N.
Comment, après tout ce que j’ai pu dire,.
Tu n’aurais pas un peu de passion
Pour ton futur époux ?
LISE.
Mon père, non.
R O N D O N.
Ne sais-tu pas que le devoir t’oblige
A lui donner tout ton cœur?
LISE.
Non, vous dis-je.
Je sais, mon père , à quoi ce nœud sacré
Oblige un cœur de vertu pénétré.
Je sais qu’il faut, aimable en sa Sagesse,
De son époux mériter la tendresse,
Et réparer du moins par la bonté
Ce que le sort nous refuse eu beauté,
Etre au-dehors discrète, raisonnable,
Dans sa maison, douce, égale, agréable:
Quant à l’amour, c’est tout un autre point;
Les sentimens ne se commandent point.
N'ordonnez rien, l’amour fuit l’esclavage.
De mon époux le reste est le partage :
Mais pour mon cœur, il le doit mériter.
Ce cœur au moins difficile à dompter
Ne put aimer ni par ordre d’un père,
Ni par raison, ni pardevant notaire.
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