Voltaire; Thurneysen, Johann Jakob [Oth.]; Haas, Wilhelm [Oth.]
Oeuvres Complètes De Voltaire (Tome Septieme = Theatre, Tome VII): Theatre — A Basle: De l'Imprimerie de Jean-Jaques Tourneisen. Avec des caractères de G. Haas, 1784 [VD18 90793307]

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L’ENFANT PRODIGUE.

Lise.
Il ne m’aima jamais.
Ne parlons plus de ce nom que je hais.
MARTHE en s’en allant*
N’en parlons plus.
L I S E la retenant.
Il est vrai: sa jeunesle
Pour quelque temps a surpris ma tendresse;
Etait-il fait pour un cœur vertueux?
M A R T H E en s’en allant.
C’était un fou, ma foi, très - dangereux.
L I S E la retenant.
De corrupteurs sa jeunesle entourée
Dans les excès se plongeait égarée ;
Le malheureux, il cherchait tour-à-tour
Tous les plaisirs, il ignorait l’amour.
MARTHE.
Mais autrefois vous m’avez paru croire
Qu’à vous aimer il avait mis sa gloire,
Que dans vos fers il était engagé.
LISE.
S’il eût aimé, je l’aurais corrigé.
Un amour vrai, sans feinte et sans caprice,
Est en effet le plus grand frein du vice.
Dans ses liens qui sait se retenir
Est honnête homme , ou va le devenir ;
Mais Euphémon dédaigna sa maîtrelTe ;
Pour la débauche il quitta la tendresse.
Ses faux amis, indigens scélérats ,
Qui dans le piège avaient conduit ses pas,
Ayant mangé tout'le bien de sa mère,
Ont, sous son nom, volé son triste père.

Pour
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