Voltaire; Thurneysen, Johann Jakob [Oth.]; Haas, Wilhelm [Oth.]
Oeuvres Complètes De Voltaire (Tome Septieme = Theatre, Tome VII): Theatre — A Basle: De l'Imprimerie de Jean-Jaques Tourneisen. Avec des caractères de G. Haas, 1784 [VD18 90793307]

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N A N I N E

Lui défendant de me nommer son père.
LA MARQUISE.'
Pourquoi cela? pour moi je considère
Les bons soldats ; on a grand besôin d’eux.
LE COMTE.
Qu’a ce métier, s’il vous plaît, de honteux?
LE P A Y s A N.
Il est bien moins honoré qu’honorable.
LE C O M T E.
Ce préjugé fut toujours condamnable.
J’estime plus un vertueux soldat,
Qui de son sang sert son prince et l’Etat,
Qu’un important, que sa lâche industrie
Engraisse en paix du sang de la patrie.
LA MARQUISE.
Çà, vous avez vu beaucoup de combats;
Contez-les moi bien tous, n’y manquez pas.
LE P A, Y S A N.
Dans la douleur, hélas! qui me déchire,
Permettez - moi seulement de vous dire
Qu’on me promit cent fois de m’avancer :
Mais sans appui comment peut-on percer?
Toujours jeté dans la foule commune,
Mais distingué, l’honneur fut ma fortune.
LA MARQUISE.
Vous êtes donc né de condition?
LA BARONNE.
Fi, quelle idée !
LE P A Y S A N à Ici Marquife.
Hélas ! Madame , non ;
Mais je suis né d’une honnête famille ;
Je méritais peut-être une autre fille.
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