Voltaire; Thurneysen, Johann Jakob [Oth.]; Haas, Wilhelm [Oth.]
Oeuvres Complètes De Voltaire (Tome Dixieme): La Henriade: Poeme — A Basle: De l'Imprimerie de Jean-Jaques Tourneisen. Avec des caractères de G. Haas, 1785 [VD18 90793692]

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S PREFACE
n’y sont que par nécessité. Vous n’y trouvez
point de ces petits détails où se noient tant
d’auteurs, à qui la sécherelse et l’enssure tiennent
lieu de génie. M. de /zoltaire s’applique à décrire
d’une manière touchante les sujets pathétiques ;
il sait le grand art de toucher le cœur : tels sont
ces endroits touchans, comme la mort de Coligny,
l’assafîinat de Valois , le combat du jeune Bailly,
le congé de Henri IV de la belle Gabrielle
d’Eftrées , et la mort du brave d’Aumcde ; on se
sent ému à chaque fois qu’on en fait la lecture :
en un mot l’auteur ne s’arrête qu’aux endroits
intéressans, et il passe légèrement sur ceux qui
ne feraient que grossir son poëme : il n’y a ni
du trop ni du trop peu dans la Henriade.
Le merveilleux que l’auteur a employé ne
peut choquer aucun lecteur sensé ; tout y est
ramené au vraisemblable par le système de la
religion ; tant la poéfîe et l’éloquence savent l’art
de rendre respectables des objets qui ne le sont
guère par eux-mêmes, et de fournir des preuves
de crédibilité capables de séduire.
Toutes les allégories qu’on trouve dans ce
poëme sont nouvelles ; il y a la politique qui
habite au Vatican, le temple de l’amour, la vraie
religion, les vertus, la discorde , les vices ; tout
est animé par le pinceau de M. de Boit aire ; ce
sont autant de tableaux qui surpassènt , au
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