Voltaire; Thurneysen, Johann Jakob [Oth.]; Haas, Wilhelm [Oth.]
Oeuvres Complètes De Voltaire (Tome Dixieme): La Henriade: Poeme — A Basle: De l'Imprimerie de Jean-Jaques Tourneisen. Avec des caractères de G. Haas, 1785 [VD18 90793692]

Page: 146
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146 LA HENRIADE.
De ses aimables lois chacun goûtait les fruits.
Revenez, heureux temps, sous un autre Louis.
PLUS loin sont ces guerriers, prodigues de leur vie,
Qu’enssamma leur devoir et non pas leur furie,
La Trimouille, (9) Clisson, Montmorency, deFoix, (10)
Guesclin, (11) le destructeur et le vengeur des rois,
Le vertueux Bayard, (12') et vous, brave Amazone, (13)
La honte des Anglais et le soutien du trône, (e)
Ces héros, dit Louis, que tu vois dans les cieux,
Comme toi de la terre ont ébloui les yeux:
La vertu, comme à toi, mon fils, leur était chère:
Mais enfans de l’Eglise ils ont chéri leur mère :
Leur cœur simple et docile aimait la vérité :
Leur culte était le mien; pourquoi l’as-tu quitté?
Comme il disait ces mots d’une voix gémissante >
Le palais des destins devant lui se présente:
Il fait marcher son fils vers ces sacrés remparts,
Et cent portes d’airain s’ouvrent à ses regards.
Le Temps, d’une aile prompte et d’un vol insensible,
Fuit et revient sans cesse à ce palais terrible ;
Et de là sur la terre il verse à pleines mains
Et les biens et les maux destinés aux humains.
Sur un autel de fer un livre inexplicable
Contient de l’avenir l’histoire irrévocable.
La main de l’Eternel y marqua nos désirs,
Et nos chagrins cruels et nos faibles plailirs.
On voit la Liberté, cette esclave si fière,
Par d’invisibles nœuds en ces lieux prisonnière,
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