Voltaire; Thurneysen, Johann Jakob [Oth.]; Haas, Wilhelm [Oth.]
Oeuvres Complètes De Voltaire (Tome Dixieme): La Henriade: Poeme — A Basle: De l'Imprimerie de Jean-Jaques Tourneisen. Avec des caractères de G. Haas, 1785 [VD18 90793692]

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NOTES

NOTES

DU CHANT DIXIEME.

Cl) Le chevalier à'Aumale fut tué dans ce temps-là à Saint-Denis.,
et sa mort aifaiblit beaucoup le parti de la ligue. Son duel avec le
vicomte de Turenne n’est qu’une fiction ; mais ces combats singuliers.
étaient encore à la mode. Il s’en fit un célèbre derrière les chartreux,
entre le sieur de Marivaux, qui tenait pour les royalistes, et le sleur
Claude de Marottes , qui tenait pour les ligueurs. Ils se battirent en
présence du peuple et de l'armée, le jour même de l’assassinat de
Henri III -, mais ce fut Marottes qui fut vainqueur.
(2) Henri IV bloqua Paris en 1590 avec moins de vingt mille
hommes.
(3) Ce fut l’ambasTadeur d’Espagne auprès de la ligue qui donna le
conseil de faire du pain avec des os de morts ; conseil qui fut exécuté
et qui ne servit qu'à avancer les jours de plusieurs milliers d'hommes.
Sur quoi on remarque l’étrange faiblesse de l’imagination humaine.
Ces asïïégés n’auraient pas osé manger la chair de leurs compatriotes
qui venaient d’être tués , mais ils mangeaient volontiers les os.
(4) On fit la visite, dit Mé^eray , dans les logis des ecciésiasliques:
et dans les couvens, qui se trouvèrent tous pourvus, même celui des.
capucins, pour plus d’un an.
( $ ) Les SuisTes qui étaient dans Paris à la solde du duc de Mayenne,
y commirent des excès affreux, au rapport de tous les hisloriens du
temps; c’est sur eux seuls que tombe ce mot de barbares, et non sur
leur nation, pleine de bon sens et de droiture, et l’une des plus
respectables nations du monde, puisqu’elle ne songe qu’à conserver
sa liberté, et jamais à opprimer celle des autres.
(6) Cette histoire est rapportée dans tous les mémoires du temps.
De pareilles horreurs arrivèrent aussi au siége de la ville de Sancerre.
(7) Henri IV fut si bon qu’il permettait à ses osficiers d’envoyer
(comme le dit Mé^eray} des rafraîchissemens à leurs anciens amis
et aux dames. Les soldats en fêlaient autant à l’exemple des officiera
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