Voltaire; Thurneysen, Johann Jakob [Oth.]; Haas, Wilhelm [Oth.]
Oeuvres Complètes De Voltaire (Tome Treizieme): Epitres — A Basle: De l'Imprimerie de Jean-Jaques Tourneisen. Avec des caractères de G. Haas, 1785 [VD18 90793730]

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A m. l’abbé servien. 7
Et suivre "enfin, conduit par la nature ,
Tantôt Socrate, et tantôt Epicure.
Tel dans son art un pilote alluré,
Maître des ssots dont il elt entouré,
Sous un ciel pur où brillent les étoiles ,
Au vent propice abandonne ses voiles,
Et, quand la mer a soulevé ses ssots,
Dans la tempête il trouve le repos.
D’une ancre sûre il fend la molle arène,
Trompe des vents l’impétueuse haleine;
Et, du trident bravant les rudes coups,
Tranquille et fier, rit des Dieux en courroux.
Tu peux, Abbé, du sort jadis propice
Par ta vertu corriger l’injultice;
Tu peux changer ce donjon dételle
En un palais par Minerve habité.
Le froid ennui, la sombre inquiétude,
Monstres affreux, nés dans la solitude,
De ta prison vont bientôt s’exiler.
Vois dans tes bras de toutes parts voler
L’oubli des maux, le sommeil désirable,
L’indifférence, au cœur inaltérable,
Qui, dédaignant les outrages du sort,
Voit d’un même œil et la vie et la mort;
La paix tranquille , et la consiance altière ,
Au front d’airain, à la démarche fière,
A qui jamais ni les rois ni les Dieux,
La foudre en main, n’ont fait baisser les yeux.
Divinités des sages adorées,
Que chez les grands vous êtes ignorées!
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