Voltaire; Thurneysen, Johann Jakob [Oth.]; Haas, Wilhelm [Oth.]
Oeuvres Complètes De Voltaire (Tome Treizieme): Epitres — A Basle: De l'Imprimerie de Jean-Jaques Tourneisen. Avec des caractères de G. Haas, 1785 [VD18 90793730]

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E P I T R E

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E P I T R E XXV.
A MADEMOISELLE LE COUVREUR.
L’h eüRîux talent dont vous charmez la France
Avait en vous brillé dès votre enfance ;
11 fut dès-lors dangereux de vous voir,
Et vous piaillez, même sans le savoir.
Sur le théâtre heureusement conduite,
Parmi les vœux de cent cœurs emprelTés,
Vous récitiez, par la nature instruite :
C’était beaucoup, ce n’était point allez ;
Il vous fallut encore un plus grand maître»
Permettez-moi de faire ici connaître
Quel est ce Dieu de qui l’art enchanteur
Vous a donné votre gloire suprême ;
Le tendre Amour me l’a conté lui-même.
, On me dira que F Amour est menteur:
Hélas ! je sais qu’il faut qu’on s’en défie :
Qui mieux que moi connaît sa perfidie ?
Qui souffre plus de sa déloyauté ?
Je ne croirai cet enfant de ma vie;
Mais cette fois il a dit vérité.
Ce même Amour, Vénus et Melpomène,
Loin de Paris fesaient voyage un jour;
Ces Dieux charmans vinrent dans un séjour
Où vos appas éclataient sur la scène ;
Chacun des trois, avec étonnement,
Vit cette grâce et simple et naturelle.
Qui fesait lors votre unique ornement.
Ah ! dirent-ils, cette jeune mortelle
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