Voltaire; Thurneysen, Johann Jakob [Oth.]; Haas, Wilhelm [Oth.]
Oeuvres Complètes De Voltaire (Tome Treizieme): Epitres — A Basle: De l'Imprimerie de Jean-Jaques Tourneisen. Avec des caractères de G. Haas, 1785 [VD18 90793730]

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E P I T R E



A UNE DAME OU SOI-DISANT TELLE, (i)

7 B

U

i

Sous

par
me

me louer 5
connaître.

Cl) Cette pièce fut imprimée dans le mercure de France, en 1732- Un
breton, nommé Desforges-Mai Liard, qui fesait asséz facilement des vers
médiocres, s’était amusé à insérer dans les journaux des pièces de vers
sous le nom de mademoiseile Malcrais de la Vigne. Plnsieurs poètes
célèbres lui répondirent par des galanteries Cette facétie dura quelque
temps. Piron employa cette aventure d’une manière très-heureuse dans
fa Métromanie. M. de Voltaire, en conservant sa pièce, en retrancha
toutes les choses galantes qu’il adressait à mademoiseile Malcrais, et
qu’elle méritait si peu. De tous les vers qu’elle a faits ou inspirés s
ce sont les seuls qui (oient restés.

8 u commences
Tu veux finir par
Tu me loùras bien moins; mais il saut t’avouer
Ce que je suis, ce que je voudrais être, (æ)
J’aurai vu, dans trois ans, paiTer quarante hivers.
Apollon présidait au jour qui m’a vu naître.
Au sortir du berceau j’ai bégayé des vers.
Bientôt ce Dieu puissant m’ouvrit son sanctuaire:
Mon cœur, vaincu par lui, se rangea sous sa loi.
D’autres ont fait des vers par le désir d’en faire;
Je fus poète malgré moi
Tous les goûts à la fois sont entrés dans mon ame;
Tout art a mon hommage, et tout plaisir m’enflamme.
La peinture me charme; on me voit quelquesois,
Au palais de Philippe , ou dans celui des rois,
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