Voltaire; Thurneysen, Johann Jakob [Oth.]; Haas, Wilhelm [Oth.]
Oeuvres Complètes De Voltaire (Tome Treizieme): Epitres — A Basle: De l'Imprimerie de Jean-Jaques Tourneisen. Avec des caractères de G. Haas, 1785 [VD18 90793730]

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Sur ce qu’on avait écrit à l’auteur que plusieurs citoyens
de Paris s’étalent mis à genoux devant la Jlatue équessre
de ce prince, pendant la maladie du dauphin , père de
LOUIS XVI-
I 7 6 6.
Intrépide sbldat, vrai chevalier, grand homme,
Bon .roi, fidèle ami, tendre et loyal amant,
Toi que l’Europe a plaint d’avoir sséchi sous Rome,
Sans qu’on osât blâmer ce triste abaissement,
Henri, tous les Français adorent ta mémoire;
Ton nom devient plus cher et plus grand chaque jour ;
Et peut-être, autrefois quand j’ai chanté ta gloire,
Je n’ai point dans les cœurs affaibli tant d’amour.
Un des beaux rejetons de ta race chérie,
Des marches de ton trône au tombeau descendu ,
Te porte en expirant les vœux de ta patrie,
Et les gémissemens de ton peuple éperdu.
Lorsque la mort sur lui levait sa faulx tranchante,
On vit de citoyens une foule tremblante
Entourer ta statue , et la baigner de pleurs ;
C’était-là leur autel, et dans tous nos malheurs
On t’implore aujourd’hui comme un Dieu tutélaire.
La fille qui naquit aux chaumes de Nanterre,
Pieusement célèbre en des temps ténébreux, (a)
N’entend point nos regrets , n’exauce point nos vœux,
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