Voltaire; Thurneysen, Johann Jakob [Oth.]; Haas, Wilhelm [Oth.]
Oeuvres Complètes De Voltaire (Tome Treizieme): Epitres — A Basle: De l'Imprimerie de Jean-Jaques Tourneisen. Avec des caractères de G. Haas, 1785 [VD18 90793730]

Page: 211
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A MON VAISSEAU. ïll
Ne va point sur le Tibre ; il n’est plus de talens,
Plus de héros, plus de grand homme;
Chez ce peuple de conquérans
Il est un pape , et plus de Rome.
Va plutôt vers ces monts qu’autrefois sépara
Le redoutable fils d’Alcmène ,
Oui dompta les lions, sous qui l’hydre expira,
Et qui des Dieux jaloux brava toujours la haine»
Tu verras en Espagne un Alcide nouveau , (2)
Vainqueur d’une hydre plus fatale
Des superstitions déchirant le bandeau ,
Plongeant dans la nuit du tombeau
De l’inquisition la puissance infernale.
Dis-lui qu’il est en France un mortel qui l’égale ;
Car tu parles, sans doute, ainsi que le vailseau
Qui transporta dans la Colchide
Les deux jumeaux divins, Jason, Orphée, Alcide:
Baptisé sous mon nom tu parles hardiment :
Que ne diras-tu point des énormes sottises ,
Que mes chers Français ont commises
Sur l’un et sur l'autre élément !
Tu brûles de partir, attends, demeure, arrête;
Je prétends m’embarquer, attends - moi, je te joins :
Libre de passions et d’erreurs et de soins ,
J’ai su de mon asile écarter la tempête ;
Mais dans mes prés sseuris, dans mes sombres forêts,
Dans l’abondance et dans la paix,
Mon ame est encore inquiète ;
( - ) N’ 1e comtï â’Aranda.

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