Voltaire; Thurneysen, Johann Jakob [Oth.]; Haas, Wilhelm [Oth.]
Oeuvres Complètes De Voltaire (Tome Seizieme = Essai Sur Les Moeurs Et L'Esprit Des Nations, Tome I): Essai Sur Les Moeurs Et L'Esprit Des Nations — A Basle: De l'Imprimerie de Jean-Jaques Tourneisen, Avec des caractères de G. Haas, 1785 [VD18 90794079]

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IMMORTALITÉ DE L’AME. 113
Les Juifs seuls parurent ignorer absolument ce
mystère ; le livre de leurs lois n’en dit pas un seul
mot ; on n’y voit que des peines et des récompenses
temporelles. Il est dit dans l’Exode : Honore ton
père et ta mère , afin qu Adonài prolonge tes jours fur la
terre i et le livre du Zend (Porte n) dit: Honore
ton père et ta mère, afin de mériter le ciel.
Warburton , le commentateur de Shakefpéare, et de
plus, auteur de la Légation de Moïfe, n’a pas laissé de
démontrer dans cette légation , que Molfe n’a jamais
fait mention de l’immortalité de l’ame. Il a même
prétendu que ce dogme n’est point du tout néces-
saire dans une théocratie. Tout le clergé anglican
s’est révolté contre la plupart de ses opinions, et
sur-tout, contre l’absurde arrogance avec laquelle il
les débite dans sa compilation trop pédantesque.
Mais tous les théologiens de cette savante église
sont convenus que le dogme de l’immortalité n’est
pas ordonné dans le Pentateuque. Cela est, en effet,
plus clair que le jour.
Arnaud, le grand Arnaud, espritsupérieur en tout
à Warburton, avait dit long-temps avant lui, dans sa
belle apologie de Port - Royal, ces propres paroles :
C eft le comble de Z’ignorance de mettre en doute cette vérité
qui eft des plus communes, et qui eft atteftée par tous les
pères, que lespromesfes de Pancien teftament n étaient que
temporelles et terreftres , et que les Juifs n adoraient Dieu
que pour les biens charnels.
On a objecté que si les Perses, les Arabes, les
Syriens , les Indiens, les Egyptiens , les Grecs
croyaient l’immortalité de l’ame , une vie à venir,
des peines et des récompenses éternelles ; le$
Ejfai fur les mœurs, etc. Tôm I. H
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