Voltaire; Thurneysen, Johann Jakob [Oth.]; Haas, Wilhelm [Oth.]
Oeuvres Complètes De Voltaire (Tome Seizieme = Essai Sur Les Moeurs Et L'Esprit Des Nations, Tome I): Essai Sur Les Moeurs Et L'Esprit Des Nations — A Basle: De l'Imprimerie de Jean-Jaques Tourneisen, Avec des caractères de G. Haas, 1785 [VD18 90794079]

Page: 250
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DE LA CHINE.

CHAPITRE PREMIER.
De la Chine,, de sou antiquité, de ses sorces
de fes lois, de fes ufages et de fes sciences,
L EMPIRE de la Chine dès - lors était plus vaste
que celui de Charlemagne, sur-tout en y comprenant
la Corée et le Tunquin, provinces alors tributaires
des Chinois. Environ trente degrés en longitude et
vingt-quatre en latitude , forment son étendue. Nous
avons remarqué que le corps de cet Etat subsiste avec
splendeur depuis plus de quatre mille ans , sans que
les lois , les mœurs , le langage , la manière même de
s’habiller, aient souffert d’altération fensible.
Son histoire, incontestable dans les chofes géné-
rales , la seule qui foit fondée sur des observations
célestes , remonte, par la chronologie la plus sùre,
jusqu’à une éclipse observée deux mille cent cin-
quante-cinq ans avant notre ère vulgaire, et vérifiée
par les mathématiciens millionnaires qui, envoyés
dans les derniers siècles chez cette nation inconnue,
Kciîpses cal- sont admirée et sont instruite. Le père Gatibil a
examiné une suite de trente-six éclipses de soleil,
rapportées dans les livres de Confutzée ; et il n’en a
trouvé que deux fausses et deux douteuses. Les
douteuses sont celles qui en effet sont arrivées , mais
qui n’ont pu être observées du lieu où l’on suppose
l’observateur ; et cela même prouve qu’alors les astro-
nomes Chinois calculaient les éclipses, puisqu’ils
le trompèrent dans deux calculs.
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