Voltaire; Thurneysen, Johann Jakob [Oth.]; Haas, Wilhelm [Oth.]
Oeuvres Complètes De Voltaire (Tome Seizieme = Essai Sur Les Moeurs Et L'Esprit Des Nations, Tome I): Essai Sur Les Moeurs Et L'Esprit Des Nations — A Basle: De l'Imprimerie de Jean-Jaques Tourneisen, Avec des caractères de G. Haas, 1785 [VD18 90794079]

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DE L’ANGLETERRE

lui, son nom prononcé était un ordre aux ossiciers
de justice d’accourir pour réprimer la violence ; et
de-là est venu cet usage de la clameur de Haro, si
connue en Normandie. Le sang des Danois et des
Francs mêlés ensemble produisit ensuite dans ce
pays ces héros qu’on verra conquérir l’Angleterre,
Naples et Sicile.
CHAPITRE XXVI.
De /’Angleterre vers le neuvième fiècle. Alfred
le grand.
IL/ E s Anglais, ce peuple devenu puissant, célèbre
par le commerce et par la guerre , gouverné par
l’amour de les propres lois et de la vraie liberté , qui
consiste à n’obéir qu’aux lois , n’étaient rien alors de
ce qu’ils sont aujourd’hui.
Ils n’étaient échappés du joug des Romains que
pour tomber lous celui de ces Saxons, qui , ayant
conquis l’Angleterre vers le sixième siècle , furent
conquis au huitième par Charlemagne dans leur
propre pays natal. Ces usurpateurs partagèrent
l’Angleterre en sept petits cantons malheureux ,
qu’on appela royaumes. Ces sept provinces s’étaient
ensin réunies sous le roi Egbert de la race Saxonne ,
lorsque les Normands vinrent ravager l’Angleterre,
aussi-bien que la France. On prétend qu’en 852 ils
remontèrent la Tamise avec trois cents voiles. Les
Anglais ne se défendirent guère mieux que les
Francs. Ils payèrent comme eux leurs vainqueurs.
Un roi nommé Ethelbert suivit le malheureux
exemple de Charles le chauve. Il donna de l’argent ;
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