Voltaire; Thurneysen, Johann Jakob [Oth.]; Haas, Wilhelm [Oth.]
Oeuvres Complètes De Voltaire (Tome Dix-Septieme = Essai Sur Les Moeurs Et L'Esprit Des Nations, Tome II): Essai Sur Les Moeurs Et L'Esprit Des Nations — A Basle: De l'Imprimerie de Jean-Jaques Tourneisen, Avec des caractères de G. Haas, 1785 [VD18 90794087]

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56 DE FREDERIC
,, reçu la foi, appartiennent à l’Eglise de Rome : or
i} si vous voulez entrer dans cette île pour en chasser
,, les vices, y faire observer les lois , et faire payer
,, le denier de $ Pierre par an pour chaque maison,
,, nous vous l’accordons avec plaisir. ,,
il donne Si quelques réssexions me sont permises dans
îIrlande. cet e[£aj sur l’Distoirc de ce monde, je considère
qu’il est bien étrangement gouverné. Un mendiant
d’Angleterre , devenu évêque de Rome, donne de
fon autorité l’île d’Irlande à un homme qui veut
l’usurper. Les papes avaient soutenu des guerres
pour cette investiture par la crosse et l’anneau , et
Adrien IV avait envoyé au roi Henri II un anneau en
signe de l’investiture de l'Irlande. Un roi qui eût
donné un anneau en conférant une prébende, eût
été sacnlége.
Grandes ac- L’intrépide activité de Frédéric Barberouffe suffisait
Ba à peine pour subjuguer et les papes qui contestaient
l’empire, et Rome qui refusait le joug, et toutes
les villes d’Italie qui voulaient la liberté. Il fallait
réprimer en même temps la Bohème qui l’inquié-
„ tait, les Polonais qui lui fesaient la guerre. Il vint
à bout de tout. La Pologne vaincue fut érigée par
lui en royaume tributaire. Il pacifia la Bohème,
ï 158. érigée déjà en royaume par Henri IV en 1086. On
dit que le roi de Danemarck reçut de lui FinveRi-
ture. Il s’assura de la fidélité des princes de l’empire ,
en se rendant redoutable aux étrangers ; et revola
dans l’Italie , qui fondait sa liberté sur les embarras
du monarque. Il la trouva toute en confusion , moins
encore par ces efforts des villes pour leur liberté, que
par cette fureur de parti qui troublait, comme vous
l’avez vu , toutes les élections des papes.
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