Voltaire; Thurneysen, Johann Jakob [Oth.]; Haas, Wilhelm [Oth.]
Oeuvres Complètes De Voltaire (Tome Dix-Septieme = Essai Sur Les Moeurs Et L'Esprit Des Nations, Tome II): Essai Sur Les Moeurs Et L'Esprit Des Nations — A Basle: De l'Imprimerie de Jean-Jaques Tourneisen, Avec des caractères de G. Haas, 1785 [VD18 90794087]

Page: 92
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92 DE FREDERIC II,
sacerdoce avait produit les factions Guelfe et Gibeline y
qui divisaient les villes et les familles.
Milan, Brescia, Mantoue, Vicence, Padoue,
Tré vize, Ferrare et presque toutes les villes de la
Romagne, sous la protection du pape, étaient liguées
entr’elles contre l’empereur.
Il avait pour lui Crémone, Bergame , Modéne ,
Parme, Reggio, Trente. Beaucoup d’autres villes
étaient partagées entre les sactions Guelfe et Gibeline.
L’Italie était le théâtre non d’une guerre, mais de
cent guerres civiles, qui, en aiguisant les esprits
et les courages, n’accoutumaient que trop les
nouveaux potentats italiens à l’assassinat et à l’em-
poisonnement.
Frédéric II était né en Italie. Il aimait ce climat
agréable , et ne pouvait souffrir ni le pays ni les
mœurs de l’Allemagne dont il fut absent quinze
années entières.* Il paraît évident que son grand
dessein était d’établir en Italie le trône des nouveaux
Cefars. Cela seul eût pu changer la face de l’Europe.
C’est le nœud secret de toutes les querelles qu’il
eut avec les papes. Il employa tour à tour la sou-
plesse et la violence, et le S1 Siège le combattit avec
les mêmes armes.
Honorius III et Grégoire IX ne peuvent d’abord
lui résister qu’en l’éloignant, et en l’envoyant faire
la guerre dans la terre sainte. (d) Tel était le pré-
jugé du temps , que l’empereur fut obligé de se
vouer à cette entreprise , de peur de n’être pas
regardé par les peuples comme chrétien. Il fit le
(d?) Voyez le chapitre des Croisades.
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