Voltaire; Thurneysen, Johann Jakob [Oth.]; Haas, Wilhelm [Oth.]
Oeuvres Complètes De Voltaire (Tome Dix-Septieme = Essai Sur Les Moeurs Et L'Esprit Des Nations, Tome II): Essai Sur Les Moeurs Et L'Esprit Des Nations — A Basle: De l'Imprimerie de Jean-Jaques Tourneisen, Avec des caractères de G. Haas, 1785 [VD18 90794087]

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DE L’ORIENT

promulguées de bouche sans aucun ligne représen-
tatif qui en perpétuât la mémoire. Ce fut ainsi que
Gengis porta une loi nouvelle , qui devait faire des
héros de ses soldats. Il ordonna la peine de mort
contre ceux qui dans le combat, appelés au secours
de leurs camarades, fuiraient au lieu de les secourir.
1214. Bientôt maître de tous les pays qui sont entre le
sseuve Volga et la muraille de la Chine, il attaque
enfin cet ancien empûe qu’on appelait alors le Gatcü,
Il prit Cambalu , capitale du Cataï septentrional.
C’est la même ville que nous nommons aujourd’hui
Pékin. Maître de la moitié dessa Chine, il sournit
jusqu’au fond de la Corée.
Conquêtes L’imagination des hommes oisifs , qui s’épuise en
de Gen^-s. pctjons rOmanesques , n’oserait pas imaginer qu’un
prince partît du fond de la Corée , qui est l’extrémité
orientale de notre globe, pour porter la guerre en
Perse et aux Indes. C’elt ce qu’exécuta Gengis.
Le calife de Bagdat , nommé Nqfjer, l’appela
imprudemment à sou secours. Les califes alors
étaient , comme nous l’avons vu , ce qu’avaient
été les rois fainéans de France sous la tyrannie
des maires du palais : les Turcs étaient les maires
des califes.
Ce sultan Mohammed, de la race des Carismins ,
dont nous venons de parler , était maître de presque
toute la Perse ; l’Arménie , toujours faible, lui payait
tribut. Le calife NaJJer , que ce Mohammed voulait
enfin dépouiller de l’ombre de dignité qui lui reliait,
attira Gengis dans la Perse.
Le conquérant tartare avait alors soixante ans :
il paraît qu’il savait régner comme vaincre ; sa vie
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