Voltaire; Thurneysen, Johann Jakob [Oth.]; Haas, Wilhelm [Oth.]
Oeuvres Complètes De Voltaire (Tome Dix-Septieme = Essai Sur Les Moeurs Et L'Esprit Des Nations, Tome II): Essai Sur Les Moeurs Et L'Esprit Des Nations — A Basle: De l'Imprimerie de Jean-Jaques Tourneisen, Avec des caractères de G. Haas, 1785 [VD18 90794087]

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SCIENCES

est allez connu que ce pontife institua le jubilé , et
ajouta une sécondé couronne à celle du bonnet pon-
tifical , pour signifier les deux puissances. Jean XXII
les surmonta depuis d’une troisième. Mais Jean ne fit
point porter devant lui les deux épées nues, que sesait
porter Boniface en donnant des indulgences.
Science On pasfa dans ce treizième siècle de l’ignorance
schoiastiqne sauva^e l’ignorance scholastique. Albert, surnommé
plus honteuse le grand, enseignait les principes du chaud, du froid ,
ignorance. (jn pec et l’humide. Il enseignait aussi la politique
sui van t les règles de lajlrologie et de I inssuence des ajlres,
et la morale fuivant la logique d'AriJlote.
Souvent les institutions les plus sages ne furent
dues qu’à l’aveuglement et à la faiblesse. 11 n’y a
guère dans l’Eglise de cérémonie plus noble, plus
pompeuse , plus capable d’inspirer la piété aux
peuples , que la sête du 8e Sacrement. L’antiquité
n'en eut guère dont l’appareil fût plus auguste.
Cependant, qui fut la cause de cet établisfement ?
une religieuse de Liège , nommée Moncornillon, qui
s’imaginait voir toutes les nuits un trou à la lune.
1264. Elle eut ensuite une révélation qui lui apprit que
la lune signifiait l’Eglise, et le trou une fête qui man-
quait. Un moine, nommé Jean, composa avec elle
l’ossice du S1 Sacrement ; la fête s’en établit à Liège,
et Urbain IB l’adopta pour toute l’Eglise. ( 1 1 )
(TT) Cette solemnité fut long- temps en France une source de troubles.
La populace catholique forçait à coups de pierres et de bâtons les protestans
à tendre leurs maisons, à se mettre à genoux dans les rues. Le cardinal de
Lorraine, les Guifes, employèrent souvent ce moyen pour faire rompre les
édits de pacification. Le gouvernement a sini par ériger en loi cette fantaisie
de la populace ; ce qui est arrivé plus souvent qu’on ne croit dans d'autres
circonstances et chez d’autres nations. Pendant plus d’un siècle il n’y a pas
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