Voltaire; Thurneysen, Johann Jakob [Bearb.]; Haas, Wilhelm [Bearb.]
Oeuvres Complètes De Voltaire (Tome Dix-Septieme = Essai Sur Les Moeurs Et L'Esprit Des Nations, Tome II): Essai Sur Les Moeurs Et L'Esprit Des Nations — A Basle: De l'Imprimerie de Jean-Jaques Tourneisen, Avec des caractères de G. Haas, 1785 [VD18 90794087]

Seite: 247
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ET DE SA REVOLUTION, etc, W
n’entendez pas par ce mot cette égalité absurde et
impossible par laquelle le serviteur et le maître,.le
manœuvre et le magistrat, le plaideur et le juge
seraient confondus ensemble , mais cette égalité par
laquelle le citoyen ne dépend que des lois , et qui
maintient la liberté des saibles contre l’ambition du
plus fort. Ce pays enfin aurait mérité d’être appelé
heureux , si la religion n’avait dans la suite divisé
les citoyens , que l’amour du bien public ré uni (sait,
et si , en vendant leur courage à des princes plus
riches qu’eux , ils eulsent toujours conservé l'incor-
ruptibilité qui les distingue.
Chaque nation a eu des temps où les esprits
s’emportent au-delà de leur caractère naturel. Ces
temps ont été moins fréquens chez les Suisses
qu’ailleurs. La simplicité , la frugalité, la modestie,
conservatrices de la liberté, ont toujours été leur
partage. Jamais ils n’ont entretenu d’armée pour
défendre leurs frontières, ou pour entrer chez leurs
voisms; point de citadelles qui servent contre les
ennemis ou contre les citoyens, point d’impôt sur
les peuples. Ils n’ont à payer ni le luxe ni les
armées d’un maître. Leurs montagnes font leurs
remparts , et tout citoyen y est soldat pour défendre
la patrie. Il y a bien peu de républiques dans le
monde ; et encore doivent-elles leur liberté à leurs
rochers ou à la mer qui les défend. Les hommes
sont très-rarement digues de se gouverner eux-mêmes.
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