Voltaire; Thurneysen, Johann Jakob [Oth.]; Haas, Wilhelm [Oth.]
Oeuvres Complètes De Voltaire (Tome Dix-Septieme = Essai Sur Les Moeurs Et L'Esprit Des Nations, Tome II): Essai Sur Les Moeurs Et L'Esprit Des Nations — A Basle: De l'Imprimerie de Jean-Jaques Tourneisen, Avec des caractères de G. Haas, 1785 [VD18 90794087]

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264 DE L’EMPEREUR
nation teutonique. Ces droits des villes, ces effets
naturels de la liberté, avaient commencé à renaître
en Italie , en Angleterre, en France et en Allemagne.
On sait que les électeurs furent alors sixés au
nombre de sept. Les archevêques de Mayence,
de Cologne et de Trêves , en possession depuis long-
temps d'élire des empereurs , ne souffrirent pas que
d’autres évêques , quoiqu’aussi puissans, partageassent
cet honneur. Mais pourquoi le duché de Bavière ne
fut-il pas mis au rang des électorats? et pourquoi
la Bohème, qui originairement était unEtat séparé
de l’Allemagne , et qui, par la bulle d’or, n’a point
d’entrée aux délibérations de l’Empire , a-t-elle pour-
tant droit de suffrage dans l’élection ? On en voit la
laison : Charles IV était roi de Bohème , et Louis de
Bavière avait été son ennemi.
Origine On dit dans cette bulle composée par Bartole que
des septjes sept électeurs étaient déjà établis; ils l’étaient
’ donc , mais depuis fort peu de temps : tous les témoi-
gnages antérieurs du treizième siècle et du douzième
font voir que jusqu’au temps de 'Frédéric II les
seigneurs et les prélats possédant les fiefs élisaient.
l'empereur; et ce vers d’Hoved en est une preuve
manifeste :
Eliglt unnnimis cleri procerumque voluntas.
La volonté unanime des seigneurs et du clergé fait les empereurs.
Mais comme les principaux officiers de la mai-
son étaient des princes puissans ; comme ces offi-
ciers déclaraient celui que la pluralité avait élu;
enfin, comme ces officiers étaient au nombre de sept}
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