Voltaire; Thurneysen, Johann Jakob [Oth.]; Haas, Wilhelm [Oth.]
Oeuvres Complètes De Voltaire (Tome Dix-Septieme = Essai Sur Les Moeurs Et L'Esprit Des Nations, Tome II): Essai Sur Les Moeurs Et L'Esprit Des Nations — A Basle: De l'Imprimerie de Jean-Jaques Tourneisen, Avec des caractères de G. Haas, 1785 [VD18 90794087]

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2/8 CONCILE
N
éloigner ce Sénat de l’Europe , qui peut juger les
pontifes. La convocation était annoncée , l’empereur
lapressait; et tous ceux qui avaient droit d’y assister
se hâtaient d’y venir jouir du titre d’arbitres de la
chrétienté.
CHAPITRE L X X I I.
Concile de Confiance.
Sur le bord occidental du lac de Consiance , la
ville de ce nom fut bâtie, dit-on, par Constantin.
Sigifmorid la choisit pour être le théâtre où cette
Icène devait se palier. Jamais assemblée n’avait été
plus nombreuse que celle de Pise. Le concile de
Consiance le fut davantage.
Préparatifs Outre la foule de prélats et de docteurs, il y eut
du concile, cent vingt-huit grands vassaux de l’Empire. L’em-
pereur y sut presque toujours présent. Les électeurs
de MayenCe , de Saxe, du Palatinat, de Brande-
bourg , les ducs de Bavière, d’Autriche etdeSilésie
y assilièrent; vingt-sept ambassadeurs y représen-
tèrent leurs souverains ; chacun y disputa de luxe et
de magnificence ; on en peut juger par le nombre
de cinquante orfèvres qui vinrent s’y établir avec
leurs ouvriers pendant la tenue du concile. On y
compta cinq cents joueurs d’instrumens , qu’on
appelait alors ménétriers , et sept cents dix-huit
courtisannes , sous la protection du magistrat. Il
fallut bâtir des cabanes de bois pour loger tous ces
esclaves du luxe et de l’incontinence , que les Li-
gueurs , et, dit-on, les pères du concile traînaient
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