Voltaire; Thurneysen, Johann Jakob [Oth.]; Haas, Wilhelm [Oth.]
Oeuvres Complètes De Voltaire (Tome Dix-Septieme = Essai Sur Les Moeurs Et L'Esprit Des Nations, Tome II): Essai Sur Les Moeurs Et L'Esprit Des Nations — A Basle: De l'Imprimerie de Jean-Jaques Tourneisen, Avec des caractères de G. Haas, 1785 [VD18 90794087]

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284 DE JEAN HUS
plus méritoire dans un chevalier que dans un écuyer, et
beaucoup plus dans un prince que dans un chevalier. Cette
doctrine de l’assassinat avait été soutenue par un
nommé Jean Petit, docteur de l’umversité de Paris,
à l’occasion du meurtre du duc d’Orléans , propre
frère du roi. Le concile éluda long-temps la requête
de Gerfon. Ensin il fallut condamner cette doctrine
du meurtre ; mais ce fut sans nommer le cordelier
Jean Petit ni Jean de Rocha , aussi cordelier , son
apologiste. (12)
Voilà l’idée que j’ai cru devoir vous donner de
tous les objets politiques qui occupèrent le concile
de Consiance.- Les bûchers que le zèle de la religion
alluma sont d’une autre espèce.
CHAPITRE LXXIIL
De Jean Hus et de Jérome de Prague,
Esprit de TP O U T ce que nous avons vu dans ce tableau
ees temps. Xhijloire générale montre dans quelle ignorance
avaient croupi les peuples de l’Occident. Les nations
soumises aux Romains étaient devenues barbares
dans le déchirement de l’Empire,et les autres l’avaient
toujours été. Lire et écrire était une science bien
peu commune avant Frédéric II; et le fameux béné-
fice de clergie, par lequel un criminel condamné à
mort obtenait sa grâce en cas qu’il sût lire , est la
plus grande preuve de l’abrutilsement de ces temps.

(12) Jean Hus, moins coupable, fut brûlé vif; mais Jean Hus avait
attaqué les prétentions des prêtres, et les deux cordeliers n’avaient attaqué
que les droits des hommes.
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