Voltaire; Thurneysen, Johann Jakob [Oth.]; Haas, Wilhelm [Oth.]
Oeuvres Complètes De Voltaire (Tome Dix-Septieme = Essai Sur Les Moeurs Et L'Esprit Des Nations, Tome II): Essai Sur Les Moeurs Et L'Esprit Des Nations — A Basle: De l'Imprimerie de Jean-Jaques Tourneisen, Avec des caractères de G. Haas, 1785 [VD18 90794087]

Page: 337
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ET DE L’ANGLETERRE.

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était encore loin du véritable but de la politique,
qui consiste à enchaîner au bien commun tous les
ordres de l’Etat.

On peut dire qu’alors les Anglais ne Lavaient pas
jusqu’où devaient s’étendre les prérogatives des
rois et l’autorité des parlemens. Richard 77, à l’âge
de dix-huit ans , voulut être despotique , et les
Anglais trop libres. Bientôt il y eut une guerre
civile. Presque toujours dans les autres Etats les
guerres civiles sont fatales aux conjurés ; mais en
Angleterre elles le sont aux rois. Richard , après
avoir disputé dix ans son autorité contre ses sujets,
fut enfin abandonné de son propre parti. Son cousin
le duc de Lancajhe , petit-fils d’Edouard III, exilé
depuis long-temps du royaume , y revint seulement
avec trois vaisseaux. Il n'avait pas besoin d’un plus
grand secours ; la nation se déclara pour lui.
Richard II demanda seulement qu’on lui laissàt la
vie et une pension pour subsister.

LTn parlement lui sait son procès , comme il l’avait 1399.
fait à Edouard II. Les accusations
portées contre lui ont été conservées :
esc qu’il a emprunté de l’argent sans payer , qu’il a

juridiquement R'-ck:ird 11
1 . dépoté jiîti-
Un des glieis dignement.

entretenu des espions , et qu’il avait dit qu’il était
le maître des biens de ses sujets. On le condamna

comme ennemi de la liberté naturelle , et comme

coupable de trahison. Richard, enfermé dans la tour,

remit au duc de Lancaftre les marques de la royauté,
avec un écrit signé de sa main , par lequel il se
reconnaissait indigne de régner. Il l’était en esset,
puisqu’il s’abaissait à le dire.
Ainsi le même siècle vit déposer solemnellement
E/7Y sur les mœurs, etc. Tome IL Y
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