Voltaire; Thurneysen, Johann Jakob [Oth.]; Haas, Wilhelm [Oth.]
Oeuvres Complètes De Voltaire (Tome Dix-Septieme = Essai Sur Les Moeurs Et L'Esprit Des Nations, Tome II): Essai Sur Les Moeurs Et L'Esprit Des Nations — A Basle: De l'Imprimerie de Jean-Jaques Tourneisen, Avec des caractères de G. Haas, 1785 [VD18 90794087]

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386 SCIENCES ET BEAUX ARTS , etc.
Modesfran-mêmes prirent les modes des Français. Ces modes
taises. z, - >/._ ■ ’ , , .
étaient extravagantes ; c était un corps qu on laçait
par derrière, comme aujourd’hui ceux des filles;
c’était de grandes manches pendantes, un capuchon
dont la pointe traînait à terre. Les chevaliers français
donnaient pourtant de la grâce à cette mascarade,
et justifiaient ce qu’avait dit Frédéric II: Plas me cl
Cavalier Frances. Il eût mieux valu connaître alors
la discipline militaire; la France n’eût pas été la
proie de l’étranger sous Philippe de Valois, Jean et
Charles VI. Mais comment était-elle plus familière
aux Anglais? c’est peut-être que combattant loin
de leur patrie ils sentaient plus le besoin de cette
discipline, ou plutôt parce que la nation a un
courage plus tranquille et plus résséchi.

CHAPITRE L XXX III.
Affrancbissemens, privilèges des villes, états-
généraux.
De l’anarchie générale de l’Europe, de tant de
désastres mêmes, naquit le bien inestimable de la
liberté, qui a fait sseurir peu à peu les villes impé-
riales, et tant d’autres cités.
Servitude Vous avez déjà observé que dans les commen-
étabhe dans cemens qe l’anai-chie féodale presque toutes les villes
preique tou- 1 1
te l’Europe, étaient peuplées plutôt de serfs que de citoyens,
comme on le voit encore en Pologne, où il n’y a
que trois ou quatre villes qui puissent posséder des
terres , et où les habitans appartiennent à leur sei-
gnent , qui a sur eux droit de vie et de mort. Il en
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