Voltaire; Thurneysen, Johann Jakob [Oth.]; Haas, Wilhelm [Oth.]
Oeuvres Complètes De Voltaire (Tome Dix-Septieme = Essai Sur Les Moeurs Et L'Esprit Des Nations, Tome II): Essai Sur Les Moeurs Et L'Esprit Des Nations — A Basle: De l'Imprimerie de Jean-Jaques Tourneisen, Avec des caractères de G. Haas, 1785 [VD18 90794087]

Page: 438
DOI Page: Citation link: 
https://digi.ub.uni-heidelberg.de/diglit/voltaire1785bd17/0448
License: Public Domain Mark Use / Order
0.5
1 cm
facsimile
438 PRISE DE CONSTANTINOPLE.
l’empereur Frédéric III, furent presque le seulsecours
que le monde chrétien fournit à Constantinople. Un
étranger commandait dans la ville ; c’était un génois
nommé Giuftiniani. Tout bâtiment qui eft réduit à
des appuis étrangers menace ruine. Jamais les
anciens Grecs n'eurent de persan à leur tête , et
jamais gaulois ne commanda les troupes de la répu-
blique romaine. Il fallait donc que Constantinople
fût prise : aussi le fut-elle, mais d’une manière
entièrement différente de celle dont tous nos auteurs ,
copiftes de Ducas et de Calcondile, le racontent.
Cette conquête est une grande époque. C’est-là
où commence véritablement l’empire turc au milieu
des chrétiens d’Europe ; et c’est ce qui transporta
parmi eux quelques arts des Grecs.
Manière dont Les annales turques, rédigées à Conftantinople
Constantino- par je jeu prince Démetrius Cantemir, m’apprennent
pie Fut prise. ? x
qu après quarante - neus jours de siége l’empereur
Conftantin fut obligé de capituler. Il envoya plusieurs
grecs recevoir la loi du vainqueur. On convint de
quelques articles. Ces annales turques paraissent très-.
' vraies dans ce qu’elles disent de ce siége. Ducas lui-
même , qu’on croit de la race impériale, et qui
dans son enfance était dans la ville assiégée , avoue
dans son histoire que le sultan offrit à l’empereur
Conftantin de lui donner le Péloponèse, et d’accorder
quelques petites provinces à ses frères. Il voulait
avoir la ville et ne la point saccager, la regardant déjà
comme son bien qu’il ménageait ; mais dans le temps
que les envoyés grecs retournaient à Constantinople
pour y rapporter les propositions des assiégeans,
Mahomet, qui voulut leur parler encore , fait courir
loading ...