Voltaire; Thurneysen, Johann Jakob [Oth.]; Haas, Wilhelm [Oth.]
Oeuvres Complètes De Voltaire (Tome Dix-Huitieme = Essai Sur Les Moeurs Et L'Esprit Des Nations, Tome III): Essai Sur Les Moeurs Et L'Esprit Des Nations — A Basle: De l'Imprimerie de Jean-Jaques Tourneisen, Avec des caractères de G. Haas, 1785 [VD18 90794095]

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46 E D 0 U A R D I V.
la conduite d'Edouard IV, ne se sigure un barbare
uniquement occupe de ses vengeances. C’était cepen-
dant un homme livré au plaisir, plongé dans les
intrigues des femmes autant que dans celles de l’Etat.
11 n’avait pas besoin d’être roi pour plaire. La nature
l’avait fait le plus bel homme de son temps , et le
plus amoureux; et par un contraste étonnant, elle
mit dans un cœur si sensible une barbarie qui fait
1477. horreur. 11 fit condamner son srère Clarence sur les
sujets les plus légers, et ne lui fit d’autre grâce que
de lui laisser le choix de sa mort. Clarcncc demanda
qu’on l’étouffât dans un tonneau de vin ; choix
bizarre dont on ne voit pas la raison. Mais qu’il ait
Barbarie, été noyé dans du vin , ou qu’il ait péri d’un genre
de mort plus vraisemblable , il en résulte qu’Edouard
était un monstre, et que les peuples n’avaient que
ce qu’ils méritaient, en se laissant gouverner par de
tels scélérats.
Le secret de plaire à sa nation était de faire la
guerre à la France. On a déjà vu dans l’article de
T 475. Louis XI comment cet Edouard passa la mer, et par
quelle politique mêlée de honte Louis XI acheta la
retraite de ce roi , moins puissant que lui et mal
affermi. Acheter la paix d’un ennemi, c’est lui donner
de quoi faire la guerre. Edouai d proposa donc à son
1483. parlement une nouvelle invasion en France. Jamais
offre ne fut acceptée avec une joie plus universelle.
Mais lorsqu’il se préparait à cette grande entreprise ,
1483. ü mourut à l’âge de quarante-deux ans.
Comme il était d’une constitution très - robuste,
on soupçonna son frère Richard, duc de Glocejïer,
d’avoir avancé ses jours par le poison. Ce n’était pas
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