Voltaire; Thurneysen, Johann Jakob [Oth.]; Haas, Wilhelm [Oth.]
Oeuvres Complètes De Voltaire (Tome Dix-Huitieme = Essai Sur Les Moeurs Et L'Esprit Des Nations, Tome III): Essai Sur Les Moeurs Et L'Esprit Des Nations — A Basle: De l'Imprimerie de Jean-Jaques Tourneisen, Avec des caractères de G. Haas, 1785 [VD18 90794095]

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ET DE HENRI VII. 51
n’eut pour lui aucune pitié. Stahley qui lui avait
arraché la couronne de la tête , lorsqu’il avait été
tué , la porta à Henri de Richement.
Les victorieux chantèrent le Te Deum surie champ Fin des
de bataille, et après cette prière tous les soldatstroubles’
inspirés d’un même mouvement s’écrièrent Vive
notre roi Henri. Cette journée mit fin aux désolatioris
dont la roje rouge et la rofe blanche avaient rempli
l’Angleterre. Le trône , toujours ensanglanté et ren-
versé , fut enfin ferme et tranquille. Les malheurs qui
avaient persécuté la famille & Edouard 111 cessèrent,
Henri VII, en épousant une fille & Edouard IV, réunit
les droits des Lancajlre et des Torde en sa personne.
Ayant su vaincre , il sut gouverner. Son règne qui
fut de vingt-quatre ans , et presque toujours paisible ,
humanisa un peu les mœurs de la nation. Les parle-
mens qu’il asfembla , et qu’il ménagea , firent de
sages lois ; la justice distributive rentra dans tous
ses droits : le commerce qui avait commencé à sseurir
sous le grand Edouard III, ruiné pendant les guerres
civiles , commença à se rétablir. L’Angleterre en
avait besoin. On voit qu’elle était pauvre par la
difficulté extrême que Henri VII eut à tirer de la
ville de Londres un prêt de deux mille livres sterling,
qui ne revenait pas à cinquante mille livres de
notre monnaie d’aujourd’hui. Son goût et la néces-
sité le rendirent avare. Il eût étésage , s'il n’eût été
qu'économe ; mais une lésine honteuse et des rapines
fiscales ternirent sa gloire. Il tenait un regiflre
secret de tout ce que lui valaient les confiscations.
Jamais les grands rois n’ont deseendu à ces bassesses.
Ses cossres se trouvèrent remplis à sa mort de deux
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