Voltaire; Thurneysen, Johann Jakob [Oth.]; Haas, Wilhelm [Oth.]
Oeuvres Complètes De Voltaire (Tome Dix-Huitieme = Essai Sur Les Moeurs Et L'Esprit Des Nations, Tome III): Essai Sur Les Moeurs Et L'Esprit Des Nations — A Basle: De l'Imprimerie de Jean-Jaques Tourneisen, Avec des caractères de G. Haas, 1785 [VD18 90794095]

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I 10

CHARLES- QUINT

le plus grand prince de l’Europe , et le plus digne
de l’Empire qu’il briguait après la mort de Maximilien.
La renommée ne parlait point encore en faveur du
jeune Charles dl Autriche : ce fut ce qui détermina en
partie les électeurs de l’Empire à le préférer. Ils
craignaient d’être trop sournis à un roi de France ;
ils redoutaient moins un maître dont les Etats ,
quoique plus vastes, étaient éloignés et séparés les
1519. uns des autres. Charles fut donc empereur , malgré
les quatre cents mille écus dont François I crut avoir
acheté des suffrages.
CHAPITRE CXXIIL
De Charles - Quint et de François I. Malheurs
de la France.
O N connaît quelle rivalité s’éleva dès-lors entre
ces deux princes. Comment pouvaient - ils n’être pas
éternellement en guerre ? Charles seigneur des Pays-
Bas avait 1 Artois , et beaucoup de villes à revendi-
quer : roi de Xaples et de Sicile , il voyait François I
prêt à réclamer ces Etats au même titre que Louis XII:
roi d’Espagne, il avait l’usurpation de la Navarre à
soutenir : empereur, il devait défendre le grand fief
du Milanais contre les prétentions de la France ;
que de raisons pour désoler l’Europe !
Entre ces deux grands rivaux Léon X veut d’abord
tenir la balance. Niais comment le peut-il? qui chori
sira-t-il pour valsal, pour roi des deux Siciles, Charles
ou François P que deviendra l’ancienne loi des papes ,
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