Voltaire; Thurneysen, Johann Jakob [Bearb.]; Haas, Wilhelm [Bearb.]
Oeuvres Complètes De Voltaire (Tome Dix-Huitieme = Essai Sur Les Moeurs Et L'Esprit Des Nations, Tome III): Essai Sur Les Moeurs Et L'Esprit Des Nations — A Basle: De l'Imprimerie de Jean-Jaques Tourneisen, Avec des caractères de G. Haas, 1785 [VD18 90794095]

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DE LUTHER.

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terre, avait-il osé se dire le vicaire deoiEU? et
comment Léon X, dans le sein des plaisirs et des
scandales, pouvait-il prendre ce titre?
Tous ces cris excitaient les peuples : et les doc-
teurs de l’Allemagne allumaient plus de haine contre
la nouvelle Rome , que Varus n’en avait excité contre
l’ancienne dans les mêmes climats.
te roi Henri La bizarre destinée qui se joue de ce monde
r 111 T e?rit voulut que le roi d’Angleterre Henri VIII entrât dans
Luther. * 0 . . . .
la dispute. Son père l’avait fait instruire dans les
vaines et absurdes sciences de ce temps-là. L’esprit
du jeune Henri ardent et impétueux s’était nourri
avidement des subtilités de l’école. Il voulut écrire
contre Luther; mais auparavant il sit demander à
Leon X la permiHion de lire les livres de cet héré-
siarque, dont la lecture était interdite sous peine
d’excommunication. Leon X accorda la permission.
Le roi écrit ; il commente X Thomas ; il défend sept
sacremens contre Luther qui alors en admettait
trois, lesquelsbientôtse réduisirentà deux. Le livre
s’achève à la hâte ; on l’envoie à Rome. Le pape
ravi compare ce livre , que personne ne lit aujour-
d’hui , aux écrits des Auguftins et des Jérômes. Il
Henri vuidowaz le titre de defenjeur de la foi au roi Henri et à
Uéfenseur deses successeurs ; et à qui le donnait-il? à celui qui
destructeur. devait être quelques années apres le plus ianglant
ennemi de Rome.
Peu de personnes prirent le parti de Luther en
Italie. Ce peuple ingénieux , occupé d’intrigues et
de plaisirs, n’eut aucune part à ces troubles. Les
Espagnols , tout vifs et tout spirituels qu’ils sont, ne
s’en mêlèrent pas. Les Français, quoiqu’ils aient-
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