Voltaire; Thurneysen, Johann Jakob [Oth.]; Haas, Wilhelm [Oth.]
Oeuvres Complètes De Voltaire (Tome Dix-Huitieme = Essai Sur Les Moeurs Et L'Esprit Des Nations, Tome III): Essai Sur Les Moeurs Et L'Esprit Des Nations — A Basle: De l'Imprimerie de Jean-Jaques Tourneisen, Avec des caractères de G. Haas, 1785 [VD18 90794095]

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D’A NGLETERRE. 213
un homme à qui DIEU avait daigné donner des
lumières plus pures qu’à ses contemporains. Les
plus savans d’entr’eux prétendaient que le terme de
FILS DE DIEU ne lignifie chez les hébreux qu’Àomme
de bien y comme fils de Satan ou de Reliai ne veut dire
que méchant homme. La plupart des dogmes, disaient-
ils, qu’on a tirés de l’écriture, sont des subtilités de
philolbphie dont on a enveloppé des vérités simples
et naturelles. Ils ne reconnaissaient ni l’histoire de
la chute de l’homme, ni le mystère de la Ste Trinité ,
ni par conséquent celui de l’incarnation. Le baptême
des enfans était absolument rejeté chez eux ; ils eu
conféraient un nouveau aux adultes : plusieurs
mêmes ne regardaient le baptême que comme une
ancienne ablution orientale adoptée par les juifs,
renouvelée par 8e Jean - Baptifie, et que le CHRIST ne
mit jamais en usage avec aucun de ses disciples.
C’est en cela sur - tout qu’ils ressemblèrent le plus aux
quakers qui sont venus après eux, et c’est princi-
palement leur aversion pour le baptême des enfans
qui leur fit donner par le peuple le nom d’anabaptifies.
Ils pensaient suivre l’évangile à la lettre, et en mou-
rant pour leur secte ils croyaient mourir pour le
christianisme ; bien difsérens en cela des théistes
ou des déicoles , qui établirent plus que jamais
leurs opinions secrètes au milieu de tant de sectes
publiques.
Ceux-ci plus attachés à Platon qu’à JESUS-CHRIST, néîstes très,
plus philosophes que chrétiens, fatigués de tant de "ombreux
1 p 1 1 1 , . dans toute la
disputes malheureuses, rejetèrent témérairement la terre<
révélation divine dont les hommes avaient trop
abusé, et l’autorité ecclésiastique dont on avait abusé
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