Voltaire; Thurneysen, Johann Jakob [Oth.]; Haas, Wilhelm [Oth.]
Oeuvres Complètes De Voltaire (Tome Dix-Huitieme = Essai Sur Les Moeurs Et L'Esprit Des Nations, Tome III): Essai Sur Les Moeurs Et L'Esprit Des Nations — A Basle: De l'Imprimerie de Jean-Jaques Tourneisen, Avec des caractères de G. Haas, 1785 [VD18 90794095]

Page: 222
DOI Page: Citation link: 
https://digi.ub.uni-heidelberg.de/diglit/voltaire1785bd18/0232
License: Public Domain Mark Use / Order
0.5
1 cm
facsimile
222 DE LA RELIGION EN FRANCE1
CHAPITRE CXXXVIIL
De la religion en France, soits François I et J es
siiccejjeurs.
Les Français depuis Charles VII étaient regardés
à Rome comme des schismatiques, à cause de la prag-
matique sanction faite à Bourges, conformément aux
décrets du concile de Basle, ennemi de la papauté!
Le plus grand objet de cette pragmatique était l’usage
des élections parmi les ecclésiaftiques , usage encou-
rageant à la vertu et à la doctrine en de meilleurs
temps, mais soürce de factions. Il était.cher aux
peuples par ces deux endroits. 11 l’était aux esprits
rigides comme un relie de la primitive Eglise , aux
imiversités comme récompense de leurs travaux.
Les papes cependant, malgré cette pragmatique qui
Exactions abolisïait les annates et les autres exactions , les rece-
deRome. vaient presque toujours. Fromenteau nous dit que
dans les dix-sept années du règne de Louis XIF ils
tirèrent du diocèse de Paris la somme exorbitante
de trois millions trois cents mille livres numéraires
de ce temps-là;
Lorsque François I alla saire en 1515 ses expédi-
tions d’Italie, brillantes au commencement comme
celles de Charles VIII et de Louis XII, et ensuite plus
malheureuses encore, Léon X, qui s’était d’abord
opposé à lui, en eut besoin, et lui fut nécessaire.
1 $ t $ et Le chancelier Duprat, qui sut depuis cardinal, fit
1/5161 avec les ministres de Leon X ce fameux concordat
par lequel on disait que le roi et le pape se donnèrent
loading ...