Voltaire; Thurneysen, Johann Jakob [Oth.]; Haas, Wilhelm [Oth.]
Oeuvres Complètes De Voltaire (Tome Dix-Huitieme = Essai Sur Les Moeurs Et L'Esprit Des Nations, Tome III): Essai Sur Les Moeurs Et L'Esprit Des Nations — A Basle: De l'Imprimerie de Jean-Jaques Tourneisen, Avec des caractères de G. Haas, 1785 [VD18 90794095]

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256 DE L’INQUISITION.
traitées de même , pour la même cause ; et si le sup-
plicene suivit pas la sentence, c’est qu’il était alors
plus aisé aux papes d’avoir des inquisiteurs que des
armées.
Plus ce tribunal s’établit , et plus les évêques ,
qui se voyaient enlever un droit qui semblait leur
appartenir, le réclamèrent vivement. Les papes les
astbcièrent aux moines inquisiteurs , qui exerçaient
pleinement leur autorité dans presque tous les
Etats d’Italie , et dont les évêques ne furent que les
assesseurs.
1289* Sur la fin du treizième siècle , Venise avait déjà
Restreîntereçu l’inquisition ; mais, si ailleurs elle était toute
aVemse. dépendante du pape , elle fut dans l’Etat vénitien
soumise au sénat. La plus sage précaution qu’il prit
fut que les amendes et les confiscations n’appar-
tinssent pas aux inquisiteurs. On croyait modérer
leur zèle, en leur ôtant la tentation de s’enrichir
par leurs jugemens ; mais , comme l’envie de faire
valoir les droits de son ministère est chez les hommes
une passion aussi forte que l’avarice, les entreprises
des inquisiteurs obligèrent le sénat long-temps après,
au seizième siècle, d’ordonner que l'inquisition ne
pourrait jamais faire de procédure sans l’assistance
de trois sénateurs. Par ce réglement, et par plusieurs
autres aussi politiques , l’autorité de ce tribunal fut
anéantie à Venise à force d’être éludée.
Nulle Un royaume où il semblait que l’inquisition dût
» Naples. s’^tabpr avec le plus de facilité et de pouvoir est
précisément celui où elle n’a jamais eu d’entrée;
c’est le royaume de Naples. Les souverains de cet
Etat, et. ceux de Sicile se croyaient en droit , par
les
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