Voltaire; Thurneysen, Johann Jakob [Oth.]; Haas, Wilhelm [Oth.]
Oeuvres Complètes De Voltaire (Tome Dix-Huitieme = Essai Sur Les Moeurs Et L'Esprit Des Nations, Tome III): Essai Sur Les Moeurs Et L'Esprit Des Nations — A Basle: De l'Imprimerie de Jean-Jaques Tourneisen, Avec des caractères de G. Haas, 1785 [VD18 90794095]

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DE L’INDE. 285
ne connaissait qu’impaifaitement par d’anciennes
relations infidelles. Quels objets pour des hommes Côtes d’Afrî-
qui résséchisient de voir au - delà du sseuve Zayre , ^ie peuplées
~ • iiiiv 1 d espèces dif-
bordé d’une multitude innombrable de negres, le S férentes.
vastes côtes de la Cafrerie , où les hommes sont de
couleur d’olive , et où ils se coupent un testicule à
l’honneur de la Divinité , tandis que les Ethiopiens
et tant d’autres peuples de l’Afrique se contentent
d’offrir une partie de leurs prépuces ! Ensuite si
vous remontez à Sofala , à Quiloa , à Montbasa , à
IVIélinde , vous trouvez des noirs d’une espèce dif-
férente de ceux de la Nigritie , des blancs et des
bronzés , qui tous commercent ensemble. Tous
ces pays sont couverts d’animaux et de végétaux
inconnus dans nos climats.
Au milieu des terres de l’Afrique est une race peu Albinos,
nombreuse de petits hommes blancs comme de la
neige, dont le visage a la forme du visage des Nègres,
et dont les yeux ronds ressemblent parfaitement à
ceux des perdrix. Les Portugais les nommèrent
Albinos : ils sont petits , faibles , louches. La laine
qui couvre leur tête et qui forme leurs sourcils est
comme un coton blanc et fin ; ils sont au-désions
des nègres pour la force du corps et de l’entende-
ment ; et la nature les a peut-être placés après les
Nègres et les Hottentots, au-dessus des singes,
comme un des degrés qui descendent de l’homme
à l’animal. (9) Peut-être ausii y a-til eu des espèces
(9) Tout ce qu’on appelle homme doit être regardé comme, de la
snême espèce , parce que toutes ces variétés produisent ensemble des métis
qui généralement sont féconds : tous apprennent à parler, et marchent
naturellement sur deux pieds.
La différence entre l’homme et le singe est plus grande que celle du
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