Voltaire; Thurneysen, Johann Jakob [Oth.]; Haas, Wilhelm [Oth.]
Oeuvres Complètes De Voltaire (Tome Dix-Huitieme = Essai Sur Les Moeurs Et L'Esprit Des Nations, Tome III): Essai Sur Les Moeurs Et L'Esprit Des Nations — A Basle: De l'Imprimerie de Jean-Jaques Tourneisen, Avec des caractères de G. Haas, 1785 [VD18 90794095]

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DU BRESIL.

ces nouveaux maîtres ce que le Mexique, ïe Pérou
et les îles donnaient aux Espagnols , de l’or , de
l’argent, des denrées précieuses. Dans nos derniers
temps même on y a découvert des mines de diamans,
aussi abondantes que celles de Golconde. Mais qu’est-
il arrivé? tant de richesses ont appauvri les Portu-
gais. Les colonies d’Asie , du Brésil avaient enlevé
beaucoup d’habitans. Les autres , comptant sur l’or
et les diamans, ont cessé de cultiver les véritables
mines , qui sont l’agriculture et les manufactures.
Leurs diamans et leur or ont payé à peine les choses
nécelsaires que les Anglais leur ont fournies ; c’est
pour l’Angleterre en effet que les Portugais ont tra-
vaillé en Amérique. Enfin, en 1756, quand Lisbonne
a été renversée par un tremblement de terre , il a fallu
que Londres envoyâtjusqu’à de l’argent monnoyé au
Portugal, qui manquait de tout. Dans ce pays le roi
est riche , et le peuple est pauvre.
CHAPITRE CLI.
PM poj]ej]ions des Français en Amérique.
L E s Espagnols tiraient déjà du Mexique et du
Pérou des trésors immenses, qui pourtant à la fin
ne les ont pas beaucoup enrichis ; quand les autres
nations , jalouses et excitées par leur exemple,
n avaient pas encore dans les autres parties de l’Amé-
rique une colonie qui leur fût avantageuse.
L’amiral Coligni, qui avait en tout de grandes idées,
imagina en 1557 sous Henri II d’établir les Français
et sa secte dans le Brésil • un chevalier de Vdlega^non,
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