Voltaire; Thurneysen, Johann Jakob [Oth.]; Haas, Wilhelm [Oth.]
Oeuvres Complètes De Voltaire (Tome Dix-Huitieme = Essai Sur Les Moeurs Et L'Esprit Des Nations, Tome III): Essai Sur Les Moeurs Et L'Esprit Des Nations — A Basle: De l'Imprimerie de Jean-Jaques Tourneisen, Avec des caractères de G. Haas, 1785 [VD18 90794095]

Page: 438
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qpS FONDATION DE LA REPUBLIQUE
rcsh eignent ; mais Philippe trouvait encore un autre
avantage à être despotiquc clans un vaste et riche
pays , voisin de la France: il pouvait en ce cas
démembrer au moins la France pour jamais, puis-
qu’en perdant sept provinces , et étant souvent très-
gêné dans les autres, il fut encore sur le point de
subjuguer ce royaume , sans même être jamais à la
tête d’aucune armée.
1565. Il voulut donc abroger toutes les lois, imposer
Phiiiipe //des taxes arbitraires, créer de nouveaux évêques,
trop et établir l'inquisition , qu’il n’avait pu faire recevoir
ni dans Naples ni dans Milan. Les Flamands sont
naturellement de bons sujets et de mauvais esclaves.
La seule crainte de l'inquisition fit plus de protestans
que tous les livres de Calvin , chez ce peuple qui
n’est assurément porté par son caractère ni à la nou-
veauté ni aux remuemens. Les principaux seigneurs
s’unissent d’abord à Bruxelles pour représenter leurs
droits à la gouvernante des Pays-Bas Marguerite de
Parme, fille naturelle de Char les-Quint. Leurs assem-
blées s’appelaient une conspiration à Madrid : c’était
dans les Pays-Bas l'acte le plus légitime. Il est
certain que les consédérés n’étaient point des rebelles ,
qu’ils envoyèrent le comte de Berg et le seigneur
de Àdontmorenci- Montigny porter en Espagne leurs
plaintes au pied du trône. Ils demandaient l’éloi-
gnement du cardinal de Granvellc premier ministre,
dont ils craignaient les artifices. La cour leur envoya
le duc d’Albe avec des troupes cspagnoles et italiennes,
et avec l’ordre d’employer les bourreaux autant que
les soldats. Ce qui peut ailleurs étouffer aisément
une guerre civile , sut précisément ce qui la fit naître
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