Voltaire; Thurneysen, Johann Jakob [Oth.]; Haas, Wilhelm [Oth.]
Oeuvres Complètes De Voltaire (Tome Dix-Huitieme = Essai Sur Les Moeurs Et L'Esprit Des Nations, Tome III): Essai Sur Les Moeurs Et L'Esprit Des Nations — A Basle: De l'Imprimerie de Jean-Jaques Tourneisen, Avec des caractères de G. Haas, 1785 [VD18 90794095]

Page: 449
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DES PROVINCES - UNIES. 449
Gouda. On voit par-là qu’il avait travaillé pour lui-
même autant que pour la république.
Mauriceson fils ne put prétendre à cette principauté: Alexandre
mais les sept provinces le déclarèrent stadthouder,
et il affermit l’édifice de la liberté , fondé par son 1 5 S 4-
père. Il fut digne de combattre Alexandre Farnèjè.
Ces deux grands-hommes s’immortalisaient sur ce
théâtre resserré où la scène de la guerre attirait les
regards des nations. Quand le duc de Parme ,
Far nefe, ne serait illustre que par le siége d’Anvers,
ïl serait compté parmi les plus grands capitaines;
les Anversois se défendirent comme autrefois les
Tyriens , et il prit Anvers comme Alexandre, dont
il portait le nom, avait pris la ville de Tyr, en
fesant une digue sur le fleuve profond et rapide de
l’Escaut , et en renouvelant un exemple que le
cardinal de Richelieu suivit aussi au liège de la
Rochelle.
La nouvelle république fut obligée d’implorer le
secours de la reine d’Angleterre Elifabeth. Elle lui
envoya sous le comte de Leice <re un secours de quatre
mille soldats ; c’était assez alors. Le prince Maurice
eut quelque temps dans Leicefre un supérieur , comme
son père en avait eu un dans le duc d’Anjou et dans
l’archiduc Mathias. Leicejlre prit le titre et le rang de
gouverneur - général ; mais il fut bientôt désavoué
par sa reine. Maurice ne laissa pas entamer son stad-
thouderat des sept Provinces - Unies ; heureux s’il
n’avait pas voulu aller au - delà !
Toute cette guerre si longue et si pleine de vicis-
situdes ne put enfin ni rendre sept provinces à Philippe,
ni lui ôter les autres. La république devenait chaque
Ejsai sur les mœurs, etc. Tome I1L F i
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