Voltaire; Thurneysen, Johann Jakob [Oth.]; Haas, Wilhelm [Oth.]
Oeuvres Complètes De Voltaire (Tome Dix-Huitieme = Essai Sur Les Moeurs Et L'Esprit Des Nations, Tome III): Essai Sur Les Moeurs Et L'Esprit Des Nations — A Basle: De l'Imprimerie de Jean-Jaques Tourneisen, Avec des caractères de G. Haas, 1785 [VD18 90794095]

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SOUS FRANÇOIS II. 4§9
qu’il n’y en avait en SuisTe et à Genève. S’ils avaient
paru dans un temps comme celui de Louis XII, où.
l’on fesait la guerre à la cour de Rome , on eût pu
les favoriser ; mais ils venaient précisément dans le
temps que Henri II avait besoin du pape Paul IV,
pour disputer Naples et Sicile à l’Espagne, et lorsque
ces deux puilTances s’unisiaient avec le Turc, contre
lamaison d’Autriche. On crut donc devoir sacrifier les
ennemis de lEglise aux intérêts de l’Eglise. Le clergé
puilsant à la cour, craignant pour ses biens temporels
et pour son autorité, les poursuivit; la politique,
l’intérêt, le zèle, concoururent à les exterminer. On
pouvait les tolérer, comme Elisabeth en Angleterre
toléra les catholiques ; on pouvait conserver de bons
sujets, en leur laisiant la liberté de conscience. Il
eût importé peu à l’Etat qu’ils chantasient à leur
manière, pourvu qu’ils enssent été sournis aux lois
de l’Etat ; on les persécuta, et on en fit des rebelles.
La mortfuneste de Henri II fut le signal de trente
ans de guerres civiles. Un roi enfant, gouverné par
des étrangers , des princes du sang et de grands
officiers de la couronne , jaloux du crédit des Guises,
commencèrent la subversion de la France.
La fameuse conspiration d’Amboise est la pre- Conspiratîon
mière qu’on connaisse en ce pays. Les ligues faitesd Ambûlse'
et rompues, les mouvemens pasfagers, les empor-
temens et le repentir, semblaient avoir fait jusqu’alors
le caractère des Gaulois , qui pour avoir pris le
nom de Francs , et ensuite de Français , n’avaient pas
changé de mœurs. Mais il y eut dans cette conspi-
ration une audace qui tenait de celle de Catilina, un
manège , une profondeur et un secret qui Ja rendait
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