Voltaire; Thurneysen, Johann Jakob [Bearb.]; Haas, Wilhelm [Bearb.]
Oeuvres Complètes De Voltaire (Tome Dix-Huitieme = Essai Sur Les Moeurs Et L'Esprit Des Nations, Tome III): Essai Sur Les Moeurs Et L'Esprit Des Nations — A Basle: De l'Imprimerie de Jean-Jaques Tourneisen, Avec des caractères de G. Haas, 1785 [VD18 90794095]

Seite: 548
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548 MORT DE HENRI III.
connus, ni de tout ce qu’on fit à Paris et à Rome ;
je ne dirai point avec quel zèle on mit sur les autels
de Paris le portrait du parricide ; qu’on tira le canon
à Rome ; qu’on y prononça l’éloge du moine : mais.
Le peuple il faut observer que dans l’opinion du peuple ce
regar^,e/‘zr'misérable était unsaintetun martyr; il avait délivré
ques CLcment 7 ’
comme un le peuple de DIEU du tyran persécuteur , à qui on
samtmartyr. ne donnait d’autre nom que celui A'Hérode. Ce n’est
pas que Henri III roi de France eût la moindre
ressemblance avec ce petit roi de la Palestine ; mais
le bas peuple, toujours sot et barbare , ayantoui dire
qu’Hérode avait fait égorger tous les petits enfans
d’un pays , donnait ce nom à Henri III. Clément était
à ses yeux un homme inspiré ; il s’était ossert à
une mort inévitable : ses supérieurs et tous ceux qu'il
avait consnltés lui avaient ordonné de la part
de dieu de commettre cette sainte action. Son
esprit égaré était dans le cas de l’ignorance invin-
cible. Il était intimement persuadé qu’il s’immolait
à DIEU, à l’Eglise , à la patrie ; ensin, sélonie
sentiment de ses théologiens , il courait à la gloire
éternelle , et le roi assassiné était damné. C’est ce
que quelques théologiens calvinistes avaient pensé
de Poltrot i c’est ce que les catholiques avaient dit
de l’asfassinat du prince d'Orange.
Il n’y eut aucun pays catholique , à l’exception
de Venise , où le crime de Jacques Clément ne fut
consacré. Le jésuite Mariana , qui passait pour un
historien sage , s’exprime ainst dans son livre de l’Ins-
titution des rois. Jacques Clément Je fit un grand nom-
le meurtre Jut expié par le meurtre , et le fang royal coula
en [acrifice aux mânes du duc de Guifie perfidement afijasifiné.
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