Voltaire; Thurneysen, Johann Jakob [Oth.]; Haas, Wilhelm [Oth.]
Oeuvres Complètes De Voltaire (Tome Dix-Neuvieme = Essai Sur Les Moeurs Et L'Esprit Des Nations, Tome IV): Essai Sur Les Moeurs Et L'Esprit Des Nations — A Basle: De l'Imprimerie de Jean-Jaques Tourneisen, Avec des caractères de G. Haas, 1785 [VD18 90794109]

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ET DE LA POLOGNE. 267
et ne le remisient sur le trône , lui envoya publi-
quement du poison , comme le sui tan envoie un
cordeau , et le fit enterrer avec solemnité le visagc
découvert, afin que personne ne doutât de sa mort,
et qu’on ne pût se servir de son nom pour trouble-r
Je nouveau règne.
Le jésuite PoJJevin , que le pape Grégoire XIII Péniten««
envoya dans la Suède et dans tout le Nord en qualitéridlcu1^’
. • r • T , . 1 . i 580.
de nonce , impola au roi Jean , pour penitence de
cet empoisonnement, de ne faire qu’un repas tous
les mercredis ; pénitence ridicule, mais qui montre
au moins que le crime doit être expié. Ceux du roi
Eric avaient été punis plus rigoureusement.
Ni le roi Jean ni le nonce PoJJevin ne purent ufcgesdeia
réuffir à faire dominer la religion catholique. Le roi Suede'
Jean , qui ne s’accommodait pas de la luthérienne ,
tenta de faire recevoir la grecque ; mais il n’y réussit
pas davantage. Ce roi avait quelque teinture des
lettres , et il était presque le seul dans son royaume
qui se mêlât de controverse. Il y avait une université
à Upsal, mais elle était réduite à deux ou trois pro-
felseurs sans étudians. La nation ne connaissait que
les armes , sans avoir pourtant fait encore de progrès
dans l’art militaire. On n’avait commencé à se servir
d’artillerie que du temps de Guftave Vaja ; les autres
arts étaient si inconnus que quand ce roi Jean tomba
malade en 1592, il mourut sans qu’on pût lui trouver
un médecin; tout au contraire des autres rois, qui
quelquefois en sont trop environnés. Il n’y avait
encore ni médecin ni chirurgien en Suède. Quelques
épiciers vendaient seulement des drogues médicina-
les , qu’on prenait au hasard. On en usait ainsi dans
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