Voltaire; Thurneysen, Johann Jakob [Oth.]; Haas, Wilhelm [Oth.]
Oeuvres Complètes De Voltaire (Tome Vingt-Unieme = Siecle De Louis XIV., Tome II): Siecle De Louis XIV. — A Basle: De l'Imprimerie de Jean-Jaques Tourneisen, Avec des caractères de G. Haas, 1785 [VD18 90794257]

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St EVREMOND

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li s’appelait Bolève , c’était le frère d’un partisan dont
il avait partagé les concussions. ( mm )
S7 Evremond, attaché au surintendant, fut enveloppé St Etre-
dans sa disgrace. Colbert, qui cherchait par-tout des77207^*
preuves contre celui qu’il voulait perdre , fit laisir
des papiers confiés à madame du Plejfis-Bellièvre ; et
dans ces papiers on trouva la lettre manuscrite de
S[ Evremond sur la paix des Pyrénées. On lut au roi
cette plaisanterie , qu’on fit passer pour un crime
d’Etat. Colbert, qui dédaignait de se venger de Hénault,
homme obscur, persécuta dans Se Evremond l’ami de
Fouquet qu’il haïssait, et le bel-esprit qu’il craignait.
Le roi eut l’extrême sé vérité de punir une raillerie inno-
cente, faite il y avait long-temps contre le cardinal
Mazarin qu’il ne regrettait pas , et que toute la cour
avait outragé , calomnié et proscrit impunément pen-
dant plusieurs années. De mille écrits faits contre ce
ministre, le moins mordant fut le seul puni, et le fut
après sa mort.
Saint - Evremond , retiré en Angleterre, vécut et
mourut en homme libre et philosophe. Le marquis de
Miremont, son ami , me disait autrefois à Londres
qu’il y avait une autre cause de sa disgrace, et que
Sc Evremond n'avait jamais voulu s’en expliquer.
Lorsque Louis XIF permit à Sc Evremond de revenir
dans sa patrie sur la fin de ses jours, ce philosophe
dédaigna de regarder cette permission comme une
grâce ; il prouva que la patrie est où l’on vit heureux,
et il était à Londres.
Le nouveau ministre des finances, sous le simple
(mm) Voyez Gui Patin et les mémoires du temps.
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