Voltaire; Thurneysen, Johann Jakob [Oth.]; Haas, Wilhelm [Oth.]
Oeuvres Complètes De Voltaire (Tome Vingt-Deuxieme): Précis du siècle de Louis XV. — A Basle: De l'Imprimerie de Jean-Jaques Tourneisen, Avec des caractères de G. Haas, 1785 [VD18 90795482]

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3^2 ABOLITION DES JESUITES.

Voilà ce que le pape Rezzonico attira à la cour
de Rome pour avoir écouté de mauvais conseils ,
et pour n’avoir pas fait réssexion que nous sommcs
au dix-huitième siècle. Ce pape, plus vertueux
qu’éclairé , mourut bientôt après ; on attribua sa
mort au chagrin, quoique rarement ce soitla maladie
des vieillards.
Le ministre qu’on appelle en France des affaires
étrangères et qu’on nommait sous Louis XZFministre
des étrangers , sécondé du cardinal de Bernis, eut
le crédit à Rome de faire nommer un pape dont on
cspéra plus de circonspection. Le cardinal de Bernis
joignait à l’habileté dont les Italiens se piquent,
* une érudition littéraire, un goût et un génie dont
le sacré collège ne se pique plus guère, et qu’on
n’avait retrouvé que dans le feu cardinal Paffionei.
Ce fut lui qui lit le pape Clément XIV, et qui forma
sou conseil.
Ce pape , qui avait été franciscain , s’appelait
Ganganelli, comme nous l’avons déjà dit; il était
réputé très-sage et très-circonspect, au-dessus des
préjugés monastiques , et capable de soutenir par sa
sagelse le colosse du pontificat qui semblait menacé
de sa chute. C’est lui qui a enfin aboli lasociété de
JESUS, par sa bulle de l’année 1773. Il acheva par-là
de convaincre toutes les nations qu’il est aussi aisé
de détruire les moines que de les instituer; et il fit
espérer qu’on pourrait un jour diminuer dans l’Eu-
rope cette foule d’hommes inutiles aux autres et a
eux-mêmes, qui font vœu de vivre aux dépens de
ceux qui travaillent, et qui ayant été autrefois
très-dangereux, ne passent aujourd’hui que pour
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