Voltaire; Thurneysen, Johann Jakob [Oth.]; Haas, Wilhelm [Oth.]
Oeuvres Complètes De Voltaire (Tome Vingt-Deuxieme): Précis du siècle de Louis XV. — A Basle: De l'Imprimerie de Jean-Jaques Tourneisen, Avec des caractères de G. Haas, 1785 [VD18 90795482]

Page: 390
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^9° DES LOIS SOUS LOUIS XV.
, I
guerre que lajustice humaine fait à la méchanceté;
mais il y a de la générosité et de la compassion jusque
dans la guerre. Le brave est compatissant ; faudrait-il
que l’homme de loi fût barbare?
Comparons seulement ici, en quelques points. la
procédure criminelle des Romains avec la française.
Chez les Romains , les témoins étaient entendus
publiquement en présence de l’accusé, qui pouvait
leur répondre, les interroger lui-même, ou leur
mettre en tête un avocat. Cette procédure était
noble et franche; elle respirait la magnanimité
romaine.
roi fondée Chez nous tout se fait secrétement. Un seuljuge ,
irrnT.1 °"avec son gressier, entend chaque témoin l’un après
l’autre. Cette pratique, établie par François I, fut
autorisée par les commissaires qui rédigèrent l’ordon-
nance de Louis XIP en 1670. Une méprise seule en
fut la cause.
On s’était imaginé , en lisant le code de Tejlibus ,
que ces mots, (dd) tefcs intrare judicii fecretum,
lignifiaient que les témoins étaient interrogés en
secret. Mais fecretum lignifie ici le cabinet du juge.
Intrare fecretum, pour dire parler secrétement, ne
serait pas latin. Ce fut un solécisme qui fit cette
partie de notre jurisprudence. Quelques juris-
consultes , à la vérité, ont assuré que le contumax
ne devait pas être condamné li le crime n’était pas
clairement prouvé. Mais d’autres jurisconsultes ,
moins éclairés et peut-être plus suivis, ont eu une
opinion contraire; ils ont osé dire que la fuite de
l’accusé était une preuve du crime ; que le mépris

'.dd') Voyez Bornier, titre VI, article XI des insormations.
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