DICTIONNAIRE
PHILOSOPHIQUE.
A.
a
TWo U s aurons peu de questions à faire sur cette
première lettre de tous les alphabets. Cet article de
l’Encyclopédie , plus nécessaire qu’on ne croirait, est
de Céfar du Marfais , quin’était bon grammairien que
parce qu’il avait dans l’esprit une dialectique
très-profonde et très-nette. La vraie philosophie tient
à tout , excepté à la fortune. Ce sage qui était
pauvre , et dont l’éloge se trouve à la tête du
troisième volume de l’Encyclopédie, fut persécuté par
l’auteur de Marie à la Coque qui était riche ; et sans
les généralités du comte de Lauraguais, il serait mort
dans la plus extrême misère. Saisissons cette occasion
de dire que jamais la nation française ne s’est plus
honorée que de nos jours par ces actions de véritable
grandeur faites sans ostentation. Nous avons vu plus
d’un ministre d’Etat encourager les talens dans
l’indigence, et demander le secret. (*) Colbert les
récompensait , mais avec l’argent de l’Etat ; Fouquet
avec celui de la déprédation. Ceux dont ]e parle ont
donné leur propre bien , et par-là ils sont au-dessus de
Fouquet autant que par leur naissance , leurs dignités
et leur génie. Comme nous ne les nommons point,
ils ne doivent pas se fâcher. Que le lecteur pardonne
cette digression qui commence notre ouvrage. Elle
vaut mieux que ce que nous dirons sur la lettre A
(*) M. le duc de Choifcul,
PHILOSOPHIQUE.
A.
a
TWo U s aurons peu de questions à faire sur cette
première lettre de tous les alphabets. Cet article de
l’Encyclopédie , plus nécessaire qu’on ne croirait, est
de Céfar du Marfais , quin’était bon grammairien que
parce qu’il avait dans l’esprit une dialectique
très-profonde et très-nette. La vraie philosophie tient
à tout , excepté à la fortune. Ce sage qui était
pauvre , et dont l’éloge se trouve à la tête du
troisième volume de l’Encyclopédie, fut persécuté par
l’auteur de Marie à la Coque qui était riche ; et sans
les généralités du comte de Lauraguais, il serait mort
dans la plus extrême misère. Saisissons cette occasion
de dire que jamais la nation française ne s’est plus
honorée que de nos jours par ces actions de véritable
grandeur faites sans ostentation. Nous avons vu plus
d’un ministre d’Etat encourager les talens dans
l’indigence, et demander le secret. (*) Colbert les
récompensait , mais avec l’argent de l’Etat ; Fouquet
avec celui de la déprédation. Ceux dont ]e parle ont
donné leur propre bien , et par-là ils sont au-dessus de
Fouquet autant que par leur naissance , leurs dignités
et leur génie. Comme nous ne les nommons point,
ils ne doivent pas se fâcher. Que le lecteur pardonne
cette digression qui commence notre ouvrage. Elle
vaut mieux que ce que nous dirons sur la lettre A
(*) M. le duc de Choifcul,



