DE M. DE VOLTAIRE. g6ï
nature. J’en ai d’ailleurs une assez grande avec “
Genève. Je lui ai volé une partie de ses habitans, 1
et je fonde ma petite colonie, que le mari de votre
grand’maman protège de tout son cœur.
Il n’y a maintenant qu’un tremblement de terre
qui puisse ruiner mon établissement ; mais je veux
que celui à qui j’ai tant d’obligations donne son
denier à la statue ; et je veux sur-tout qu’il donne
très peu; i°. parce qu’on n’en a point du tout besoin :
2°. parce qu’il donne trop de tous les côtés. C’est
une affaire très-sérieuse : je casterais à la statue les
bras et les jambes, si son nom ne se trouvait pas
sur la liste.
Adieu, Madame; faites comme vous pourrez:
vivez, portez-vous bien, digérez, cherchez le plaisir,
s’il y en a. Luttez contre cette fatale nature dont
je parle sans cesse, et où j’entends si peu de chose.
Ayez de l’imagination jusqu’à la fin , et aimez votre
très-ancien serviteur qui vous est plus attaché que
tous vos serviteurs nouveaux. V.
LETTRE CCI.
A M. LE MARECHAL DUC DE RICHELIEU.
A Ferney , 15 d’auguste.
Je médis toujours, Monseigneur, que vos occu-
pations et vos plaisirs partagent vos journées, que
je ne dois pas fatiguer vos bontés, et qu’il n’ap-
partient pas à ceux qui sont morts au monde d’écrire
aux vivans.
nature. J’en ai d’ailleurs une assez grande avec “
Genève. Je lui ai volé une partie de ses habitans, 1
et je fonde ma petite colonie, que le mari de votre
grand’maman protège de tout son cœur.
Il n’y a maintenant qu’un tremblement de terre
qui puisse ruiner mon établissement ; mais je veux
que celui à qui j’ai tant d’obligations donne son
denier à la statue ; et je veux sur-tout qu’il donne
très peu; i°. parce qu’on n’en a point du tout besoin :
2°. parce qu’il donne trop de tous les côtés. C’est
une affaire très-sérieuse : je casterais à la statue les
bras et les jambes, si son nom ne se trouvait pas
sur la liste.
Adieu, Madame; faites comme vous pourrez:
vivez, portez-vous bien, digérez, cherchez le plaisir,
s’il y en a. Luttez contre cette fatale nature dont
je parle sans cesse, et où j’entends si peu de chose.
Ayez de l’imagination jusqu’à la fin , et aimez votre
très-ancien serviteur qui vous est plus attaché que
tous vos serviteurs nouveaux. V.
LETTRE CCI.
A M. LE MARECHAL DUC DE RICHELIEU.
A Ferney , 15 d’auguste.
Je médis toujours, Monseigneur, que vos occu-
pations et vos plaisirs partagent vos journées, que
je ne dois pas fatiguer vos bontés, et qu’il n’ap-
partient pas à ceux qui sont morts au monde d’écrire
aux vivans.



