20 RECUEIL DES LETTRES
~~~T attaché avec le plus tendre respect, jusqu’au moment
où il ira revoir ou ne pas revoir tous ceux qui ont
vécu avec vous, et qui sont engloutis dans la nuit
éternelle. V.
LETTRE XI.
A M. DE LA H A R P E.
2 S de sévrier.
Mon cher ami, qui devriez être mon confrère, je
vois, par votre lettre du 15 de février, que vous avez
été malade. V os maladies, Dieu merci, sont passagères.
Je ne relèverai pas de la mienne qui me conduit tout
doucement dans l’autre monde. Je vous avertis que ,
si vous ne me succédez pas à l’académie, je serai
très-fâché.
Je ne vois pas pourquoi vous ne vous chargeriez
pas du roi dePrusse, en laisfant aux militaires le soin
de parler de ses campagnes, et en vous bornant à la
partie littéraire. Il me fait l’honneur de m’écrire , tous
les quinze jours , des lettres pleines d’esprit et de con-
nailsances; il fait encore quelquefois des vers français :
tout cela est de votre relsort. Vous êtes dans le beau
printemps de votre âge, et ma vieille main ne peut
plus tenir le pinceau.
Je n’ai presque jamais lu dans le Mercure, que les
articles de votre façon. Je ne Connais guère que vous
etM. d’Ahmbert qui sâchiez écrire. La raison en est
que vous savez penser ; les autres font des phrases. Ils
~~~T attaché avec le plus tendre respect, jusqu’au moment
où il ira revoir ou ne pas revoir tous ceux qui ont
vécu avec vous, et qui sont engloutis dans la nuit
éternelle. V.
LETTRE XI.
A M. DE LA H A R P E.
2 S de sévrier.
Mon cher ami, qui devriez être mon confrère, je
vois, par votre lettre du 15 de février, que vous avez
été malade. V os maladies, Dieu merci, sont passagères.
Je ne relèverai pas de la mienne qui me conduit tout
doucement dans l’autre monde. Je vous avertis que ,
si vous ne me succédez pas à l’académie, je serai
très-fâché.
Je ne vois pas pourquoi vous ne vous chargeriez
pas du roi dePrusse, en laisfant aux militaires le soin
de parler de ses campagnes, et en vous bornant à la
partie littéraire. Il me fait l’honneur de m’écrire , tous
les quinze jours , des lettres pleines d’esprit et de con-
nailsances; il fait encore quelquefois des vers français :
tout cela est de votre relsort. Vous êtes dans le beau
printemps de votre âge, et ma vieille main ne peut
plus tenir le pinceau.
Je n’ai presque jamais lu dans le Mercure, que les
articles de votre façon. Je ne Connais guère que vous
etM. d’Ahmbert qui sâchiez écrire. La raison en est
que vous savez penser ; les autres font des phrases. Ils



