DE M. DE VOLTAIRE.
127
LETTRE L X X I.
A M. LE MARQUIS DE XI ME NE S.
Ferney , le 3 1 d’octobre.
Pardonnez, encore une fois, à un vieillard qui--
lutte contre les douleurs, de vous remercier si tard. I77s»
Je n’en suis pas moins, monsieur le Marquis , recon-
naissant de vos faveurs. Il est très-vrai que vous faites
mieux des vers que l’homme dont vous me parlez;
mais je ne crois pas que vous augmentiez votre \
fortune comme il arrondit la Tienne. Votre lyre est
plusharmonieuse ; il a pour lui la ssûte, le tambour,
et le coffre-fort.
Je crois que l’abbé Mignot, mon neveu, mérite
l’éloge dont vous l’honorez. Je suis bien loin de me
croire digne des sseurs que vous jetez sur le drap
mortuaire dont je vais bientôt être embéguiné.
J’écrivis, il y a quelque temps, à Horace qui est de
votre connaissance, mais je n’ai pas osé rendre ma
lettre publique, attendu que je lui ai parlé un peu
librement; mais je prendrai encore plus de liberté
quand je le verrai.
Je prends avec vous celle de recommander à votre
indulgence les Lois de Minos. Vous verrez un beau
tapage le jour de l’audience. Vous êtes dans un pays
où tout est cabale, et loin duquel je fais très-bien
de mourir en vous étant très-tendrement attaché.
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LETTRE L X X I.
A M. LE MARQUIS DE XI ME NE S.
Ferney , le 3 1 d’octobre.
Pardonnez, encore une fois, à un vieillard qui--
lutte contre les douleurs, de vous remercier si tard. I77s»
Je n’en suis pas moins, monsieur le Marquis , recon-
naissant de vos faveurs. Il est très-vrai que vous faites
mieux des vers que l’homme dont vous me parlez;
mais je ne crois pas que vous augmentiez votre \
fortune comme il arrondit la Tienne. Votre lyre est
plusharmonieuse ; il a pour lui la ssûte, le tambour,
et le coffre-fort.
Je crois que l’abbé Mignot, mon neveu, mérite
l’éloge dont vous l’honorez. Je suis bien loin de me
croire digne des sseurs que vous jetez sur le drap
mortuaire dont je vais bientôt être embéguiné.
J’écrivis, il y a quelque temps, à Horace qui est de
votre connaissance, mais je n’ai pas osé rendre ma
lettre publique, attendu que je lui ai parlé un peu
librement; mais je prendrai encore plus de liberté
quand je le verrai.
Je prends avec vous celle de recommander à votre
indulgence les Lois de Minos. Vous verrez un beau
tapage le jour de l’audience. Vous êtes dans un pays
où tout est cabale, et loin duquel je fais très-bien
de mourir en vous étant très-tendrement attaché.



