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268 RECUEIL DES LETTRES ’
L--attriste ; vous n’avez point, dites-vous, de courage;
>77L cela veut dire que vous êtes sensible ; car le courage
de voir périr autour de soi, sans s’émouvoir, toutes
les personnes avec lesquelles on a vécu , est la
qualité d’un monstre ou d’un bloc de pierre de
roche. Je fais grand cas de votre faiblesse ; tant
qu’on est sensible, on a de la vie. Puissiez-vous,
Madame, avoir long-temps cette faiblesse d’ame
dont vous vous plaignez ! Je mourrai sans avoir
eu la consolation de m’entretenir avec vous ; c’est-là
ma grande douleur et ma grande faiblesse.
Mon ame (s’il y en a une) aime tendrement la
vôtre ; mais à quoi cela sert-il ? V.
LETTRE CLI.
A M. LE COMTE D’ A R G E N T A L.
6 de novembre.
1 E remercie bien tendrement mon cher ange d’avoir
songé à m’écrire au milieu des fêtes et du fracas de la
cour. Ce qu’il y a de mieux, à mon avis , dans
Sophonisbe, c’est qu’elle est la plus courte de toutes
les tragédies , et que, si elle a ennuyé de belles dames
auxquelles il faut des opéra comiques , elle ne les a
pas ennuyées long-temps.
Les Lois de Minos auraient du moins produit un
plus beau spectacle pour les yeux ; mais ces Lois de
Minos sont malheureuses. Je ne veux pas croire que,
parmi les grandes intrigues qui agitent quelquefois
 
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