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RECUEIL DES LETTRES
—— de ma vie. Je n’ai jamais fuccombé sous mes ennemis,
Ï774- et je n’aj jamais manqué à mes-amis.
Comptez sur mon cœur qui n’est point desséché
par la vieillelse comme mon esprit.

LETTRE C C X I.

A M. LE COMTE D’ARGENTAI.

ïo d’octobre.

JL CI ON cher ange, vous êtes trop bon ; vous venez
à mon secours dans un temps bien critique pour
moi. Malgré les bontés de M. Turqot., sur lesquelles
j’ai toujours compté, les commis de la nouvelle
ferme du marc d’or sont venus effaroucher la colonie
que j’ai établie avec tant de frais, et cent pères de
famille sont prêts de m’abandonner. La mort de
Laleu a mis au jour ma misère. J’ai vu , entre autres
mortifications, que M. le maréchal de Richelieu me
devait près de cinq années d’une rente que je croyais
payée, et que toutes mes affaires sont dérangées. Ce
n’est pas ce désordre qui me ferait aller à Pans,
c’est la consolation de vous revoir et d'oublier auprès
de vous toutes les afflictions qui fondent sur moi;
mais j’ai quatre-vingts ans , et je souffre vingt-quatre
heures par jour. Le mal me cloue ; voilà mon état:
il faut faire contre fortune et nature bon cœur.
J’ai toujours chez moi cette jeune victime de la
superftition des cannibales. J’attends un certificat
du roi son maître, qui m’a envoyé ce pauvre jeune
 
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